Cameroun – Forum : Comment réduire à zéro les accidents sur nos routes – 18/10/2014

Un forum pour réduire à zéro les accidents sur nos routes.
Un forum pour réduire à zéro les accidents sur nos routes.

La ville de Douala a accueilli les 14 et 15 octobre 2014, une conférence sur la sécurité routière. Elle était placée sous le thème « Partageons la route ». Organisée par Nestlé et ses partenaires, cette conférence a rassemblé autour de la même table des experts venus d’horizons différents afin de trouver des solutions idoines pour réduire jusqu’à zéro le nombre de décès, devenu très important, sur nos routes. Cette rencontre au Cameroun est la deuxième après celle tenue à Accra au Ghana en 2012. Au terme de ce forum, nous avons rencontré quelques participants qui nous disent comment ils font à leur niveau pour réduire les accidents routiers.

© Camer Post – Frank William BATCHOU

 

Réactions:

Bruno Olierhoek : « Nous avons pris des engagements pour aller vers le zéro accident »

Directeur général de Nestlé Cameroun, il revient, en sa qualité d’organisateur du forum sur la sécurité routière, sur le degré d’implication dans la réduction des risques d’accidents de la circulation.

Bruno Olierhoek, DG de Nestlé Cameroun.
Bruno Olierhoek, DG de Nestlé Cameroun.

Quels sont les engagements concrets que vous entendez mettre en place, au niveau de Nestlé, afin de réduire les risques d’accidents sur les routes ?

Il faut vraiment que les partenaires travaillent ensemble. Que ce soit les pouvoirs publics, les pouvoirs privés et tout le monde qui est sur la route. Il est important qu’on parle ensemble. Qu’on discute de ce qu’on peut faire concrètement pour réduire les accidents. C’est donc à cette conférence qu’avec nos partenaires, on discute de manière concrète sur ce que les uns et les autres doivent faire. Concrètement, nous avons mis en place des checklists avec nos partenaires transporteurs pour être sûrs que tous les camions qui transportent les produits Nestlé sont vraiment conformes avec la loi. Et pour éviter des accidents, 95 % de nos conducteurs sont maintenant équipés du système GPS qui permet de localiser les engins, vérifier les excès de vitesse, etc. Aussi, au sein de Nestlé, nous avons aussi des débats sur la sécurité routière portant sur comment nous pouvons aussi contribuer à travers notre comportement pour prévenir les accidents car 80 % des accidents sont dus aux comportements des personnes. C’est un aspect très important et la sensibilisation peut également aider à ce niveau.

Pensez-vous que Nestlé et ses partenaires puissent rapidement réussir ce combat contre les insécurités sur les routes du pays ?

Les accidents routiers sont prévisibles mais pour le faire, il faut bien sûr agir. Nestlé veut toujours faire partir des solutions. On ne prétend pas pouvoir résoudre tous les problèmes nous-mêmes mais voulons participer à ces facteurs qui peuvent amener vers le zéro accident. Nestlé, de manière concrète, a pris des engagements pour qu’on aille dans ce sens.

Comment seront implémentées les résolutions de ces clauses ?

Nous avons cette conférence tous les 2 ans avec les partenaires de l’Afrique francophone. Mais au quotidien, nous avons nos actions et Nestlé fait partie aussi de la fondation Safe Way Right Way qui fait dans la prévention avec 8 entreprises qui sont au Cameroun. On se rencontre avec ses entreprises au moins une fois par mois pour faire des benchmarkings et des actions très concrètes afin d’améliorer la sécurité routière. C’est vraiment une chose que nous prenons très au sérieux.

Propos recueillis par Frank William BATCHOU

Richard Lowe : « Les accidents de la route sont l’une des principales causes de décès dans notre pays »

Présent à la conférence sur la sécurité routière les 14 et 15 octobre 2014 à Douala, le directeur général d’Activa Cameroun, entreprise coorganisatrice, revient sur les mesures prises par son entreprises pour réduire les risques d’accidents au sein de son entreprise.

Richard Lowe , DG Activa Cameroun.
Richard Lowe , DG Activa Cameroun.

Quel est l’apport d’Activa Cameroun dans l’organisation de ce forum sur la sécurité routière ?

Cette rencontre, qui ne date pas d’aujourd’hui, avait déjà été organisée par Nestlé au Ghana et c’est Activa avait été le co-sponsor. Ça se passe cette fois ci au Cameroun et c’est tout naturellement que nous sommes concernés. Cet engagement est celui d’une société citoyenne qui doit absolument s’associer dans la lutte contre ce phénomène des accidents de la route qui constitue l’une des principales causes de décès dans notre pays. Quand on estime être un acteur économique dans le pays, on ne saurait apporter sa contribution pour cela. C’est quelque chose d’essentiel pour nous. Au niveau de notre entreprise, nous avons identifié quelles sont les principales causes des accidents de la route. Par rapport aux types de cause, nous essayons de sensibiliser nos partenaires et clients sur tel ou tel élément qui nous est apparu comme une cause essentielle. Nous avons un code très clair sur la conduite au niveau de notre entreprise. Par exemple : le chauffeur ne peut pas se déplacer hors de la ville de départ si le passager n’a pas mis sa ceinture de sécurité. Le chauffeur ne peut pas sortir de la ville après 16h parce que la conduite de nuit est proscrite. Ce sont des mesures que nous prenons pour essayer de diminuer l’impact de ce phénomène.

Vous avez dit tout à l’heure qu’une somme de 250 Fcfa est prélevée dans le cadre des assurances. Est-ce votre participation à la prévention des accidents ou ces fonds sont destinés à autres choses ?

C’est ce qu’on appelle le fichier automobile. Il est fait chez tous les assureurs et non pas seulement à Activa. Le client paie une contribution de 250 Fcfa à l’assureur qui l’utilise pour mettre en place le fichier le plus précis possible. Vous avez vu que l’une des difficultés sur les mesures d’efficacité chez nous, c’est la qualité des données statistiques. C’est l’essentiel en l’absence de données statistiques précises du nombre d’accidents mensuel ou annuel par exemple sur l’axe Douala – Yaoundé, les causes, les décès sur places, les décès lors du transport vers l’hôpital… Ce fichier permet donc aux assureurs d’avoir des données fiables et permettent de savoir l’action la plus concrètes pour tabler afin que son efficacité soit la plus efficiente possible.

Propos recueillis par Frank William BATCHOU

Thalia Rhame : « Nous travaillons sur l’amélioration, la réforme et la centralisation des données sécuritaires »

Présente à Douala pour la conférence sur la sécurité routière les 14 et 15 octobre 2014, la représentante de Global Road Safety partnership (GRSP) revient sur les mesures à prendre par le Cameroun pour renforcer la sécurité sur nos routes meurtrières.

Thalia Rhame, la représentante de Global Road Safety partnership.
Thalia Rhame, la représentante de Global Road Safety partnership.

On apprend qu’il y a un important financement de 125 millions de dollars Us (environ 68 milliards de Fcfa) débloqués pour venir en aide aux pays en difficultés sur le plan de la sécurité routière. Le Cameroun est-il concerné ?

Ce sont les bailleurs de fonds qui ont fait leur choix avant (le Kenya est le seul pays africain bénéficiaire). Je sais qu’il y a d’autres pays qui vont en bénéficier et j’espère que la part de l’Afrique sera encore plus nombreuse. Les décideurs font des calculs en fonction des données et besoins des pays et nous recevons ses fonds que nous gérons en tant qu’assistance technique.

Au niveau de la GRSP, quelles mesures allez-vous mettre en place pour améliorer la lutte contre les cas d’accidents graves qu’on enregistre sur les routes ?

J’ai remarqué qu’il y avait un grand débat autour de cette base de données. En tant que partenaire mondial sur la sécurité routière, nous travaillons justement sur l’amélioration, la réforme et la centralisation de ces données pour beaucoup de pays. A mon avis, ce sera le premier pas sur le plan technique. On pourra commencer par les policiers. C’est ce qu’on fait au Liban par exemple sur comment collecter les données quand ils se trouvent sur la scène de l’accident. On a travaillé sur le formulaire de collecte des accidents dont-ils remplissent. A mon avis, on pourrait faire la même chose en Afrique. On a aussi travaillé sur le système d’analyse de ces données. On n’a pas besoin de trop d’argent pour commencer de grandes réformes. On peut commencer par de très petites choses pour arriver à de grands résultats.

A quand la GRSP au Cameroun ?

J’espère pour très bientôt. J’ai trouvé une très grande volonté de faire les choses ici. De retour au pays, je transmettrai tout cela à mes directeurs à Genève et on a déjà une bonne base en Afrique. Pourquoi pas au Cameroun. A mon avis, ce sera très possible de le faire.

Propos recueillis par Frank William BATCHOU

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