Cameroun – Formation d’ingénieurs : quelle en est la situation ?

Paul Fokam, fondateur de l'école qui porte son nom | © Réussite
Paul Fokam, fondateur de l’école qui porte son nom | © Réussite

Crise des vocations, offre pédagogique mal adaptée… L’Afrique ne produit pas assez d’ingénieurs, au risque de ralentir son développement économique. Focus sur les trop rares établissements de bon niveau de la zone francophone. Le cas du Cameroun.

Ucac-Icam : label « arts et métiers »

Trois cent quarante-cinq diplômés sont sortis, depuis 2007, de cet établissement abritant la filière scientifique de l’Université catholique d’Afrique centrale (Ucac) et dont la direction est assurée par l’Institut catholique d’arts et métiers de Paris. Le cycle ingénieur de trois ans s’effectue à Douala et débouche sur un diplôme en sciences et technologies industrielles. Un parcours suivi par Éric Fouda, qui a fondé Progeni (prestations de services et gestion de projets), ou Ingrid Kana, chef d’usine à Socapalm (groupe Socfin).

L’étudiant bénéficie d’un contrat en alternance durant cette phase : l’entreprise à laquelle il consacre la moitié de son temps de formation paie sa scolarité et lui verse une indemnité mensuelle. Ce dispositif permet un taux de placement de plus de 90 % en fin d’études. Bolloré, Sogea Satom, Perenco et Total ont pris l’habitude de recruter les diplômés.

Frais de scolarité : 2,3 millions de F CFA (environ 3 500 €)

Paul Kammogne Fokam Institute of Excellence (PKF) : made in USA

L ‘usage de l’anglais est obligatoire au PKF. Calquée sur le modèle américain, la formation est dispensée dans cette langue. Après avoir passé trois années au campus d’Emana, à la sortie nord de Yaoundé, les élèves ingénieurs en informatique, en technologies électriques, en télécommunication et en technologie de l’information achèvent la dernière année au Southern Polytechnic State University d’Atlanta, en Géorgie.

PKF vient de diversifier ses partenariats avec l’université d’État de New York et la North China University of Technology, tout en lançant des formations en génies mécanique et civil. Créé par le financier Paul Kammogne Fokam, fondateur d’Afriland First Group – qui y dispense un cours sur le leadership et offre des stages dans ses entreprises – PKF vient de mettre ses 19 premiers ingénieurs sur le marché.

Frais de scolarité : 2,5 millions de F CFA (environ 3 800 €)

Source : © Jeune Afrique

Par Omer Mbadi