Cameroun – Force multinationale mixte : La poudrière de Mora en feu

Des soldats inspectent un pont attaqué par des militants islamistes à Gambaru, Nigéria, le 11 mai 2014. | © AP/Jossy Ola/Illustration
Des soldats inspectent un pont attaqué par des militants islamistes à Gambaru, Nigéria, le 11 mai 2014. | © AP/Jossy Ola/Illustration

La nuit du 26 au 27 janvier 2016 a été longue à Mora, le chef-lieu du département de Mayo Sava dans la région de l’Extrême-Nord. Vers une heure du matin, un incendie de grande ampleur s’est déclaré dans le dépôt d’armes de la Force multinationale mixte (FMM). Les bruits des flammes provoquent un bruit assourdissant.  Les populations ont cru à une attaque de Boko Haram. Les bruits se font entendre de plus en plus.  Les armes emmagasinées ici brulent. Selon diverses sources, au petit matin, à la fin de l’incendie, le bilan est lourd.  Les quatre bâtiments du camp sont réduits en cendres.  Pour l’instant, les autorités de Yaoundé ne se sont pas prononcées sur cette catastrophe.

Dans tous les cas, elle est jugée comme étant grave, parce qu’elle affecte le dispositif sécuritaire du Cameroun. Surtout que ce secteur numéro 1 est dirigé par le général camerounais Bouba Dobekreo. Cette force a remporté des victoires ces derniers mois face aux insurgés de Boko Haram. Cette situation a mis tout l’appareil étatique en alerte maximale parce que les terroristes peuvent profiter de cette situation de faiblesse pour commettre encore des atrocités.

Mais au-delà de l’Etat du Cameroun, c’est toute la sous-région qui est concernée. En fait la FMM est mise sur pieds par la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), et est chargée de lutter contre Boko Haram, celle-ci comporte trois secteurs, dont le premier comprend le Nord du Cameroun, jusqu’au lac Tchad, et la ville de Gambaru au Nigeria. Dans ce premier secteur, la FMM dispose d’un important contingent dont 2 450 soldats camerounais.  Mais selon les sources militaires, il n’ya aucune panique. Ce n’est qu’une poudrière. Il y en beaucoup d’autres.

En l’espace d’une semaine, c’est la deuxième qu’un incendie ravage un camp militaire au Cameroun. Dimanche dernier aux environs de 5 h, les conducteurs de moto de la localité de Wum dans le Nord-Ouest s’en prennent à un camp militaire aidés par la population. Ils veulent venger leur camarade tué la veille par un militaire pour une affaire de mœurs.   Les militaires en poste, face à la foule, vont tirer à balles réelles. Dans les échanges, deux véhicules land Cruser de l’armée seront incendiés, deux militaires tabassés sérieusement et plus de cinq blessés. Toutes leurs réserves de nourriture parties en fumées.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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