Cameroun : Des fiscalistes mécontents du nouveau crédit octroyé par le FMI

Cameroun : Des fiscalistes mécontents du nouveau crédit octroyé par le FMI

Ils sont nombreux à digérer mal le nouveau crédit accordé au Cameroun par le Fonds monétaire international (Fmi). D’après des fiscalistes, cette institution n’a développé aucun pays en Afrique. Et donc le Cameroun n’aurait pas dû  faire recours au FMI pour ce nouveau crédit. Réaction d’un des fiscalistes avec CAMERPOST.

Le FMI peu aimé des Camerounais

Le FMI vient d’accorder un crédit de 390 milliards de francs Cfa au Cameroun. Dans un premier temps, le Fonds monétaire international va libérer la somme de 171,3 millions de dollars au Cameroun, soit environ 100 milliards de francs Cfa. Le reste de ce crédit sera déboursé de façon échelonnée sur trois ans, indique le FMI dans un communiqué. Ce nouveau crédit est une pilule difficile à digérer pour des observateurs avertis.

Cette catégorie soutient : « tous les analystes sérieux qui ont scruté le rôle du Fmi partout où il est intervenu dans les Etats africains, sont arrivés à la conclusion selon laquelle, cette institution n’a développé aucun pays. Au contraire, tous les pays qui ont refusé les prescriptions du Fmi sont sortis très rapidement du gouffre et ont amorcé chacun son développement ». Un avis que partage l’expert en fiscalité Dr Pierre Alaka Alaka pour qui ce n’était pas nécessaire de repartir au Fmi pour équilibrer le budget du pays. « Il fallait tout simplement rendre notre solde primaire nul en ramenant nos dépenses de fonctionnement à nos recettes propres », explique-t-il.

Un octroi du crédit point nécessaire au final

Le spécialiste estime que ce nouveau crédit accordé au Cameroun par le Fonds monétaire international (FMI) est une haute trahison du gouvernement camerounais.  « En repartant au FMI, le gouvernement s’est rendu coupable d’une faute identifiable à de la haute trahison. Au lieu de convoquer le Parlement pour augmenter notre endettement, on l’aurait convoqué pour diminuer nos dépenses de fonctionnement. On aurait pu travailler par nous-mêmes pour diversifier notre économie et susciter le sursaut national par un appel au secours », poursuit l’interlocuteur.

Il souligne qu’discours solennel au cours d’une visite improvisée du chef de l’Etat dans une région, aurait pu amener les Camerounais à sauver les meubles à travers une « Collecte BIYA » : « nous sommes un peu plus de 20 000 000 de Camerounais ; si chacun était amené à cotiser au moins 5000 FCFA, on aurait eu au moins 100 milliards de FCFA par nous-mêmes cette première année. Et si un tel discours se tenait à Bamenda suivi d’une déclaration solennelle de libération de tous les Camerounais arrêtés lors de la crise anglophone, je suis sûr qu’on aurait plafonné à 200 milliards. C’est le patriotisme ».

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