Cameroun – Finance Islamique : comprendre les subtilités d’un système qui séduit de nombreux établissements bancaires

Comprendre les subtilités de la finance islamique | YASSER AL-ZAYYAT/AFP/Getty Images)
Comprendre les subtilités de la finance islamique | YASSER AL-ZAYYAT/AFP/Getty Images)

Au Cameroun, les banques classiques semblent s’intéresser à la finance publique. Seulement, peu de personne maîtrisent son mode de fonctionnement.

Selon les érudits musulmans contactés par CAMERPOST, l’Islam considère l’argent comme un dépôt et une épreuve pour tester la foi du croyant.  Est-ce que le croyant va remercier Dieu en donnant des biens à des besogneux et utilisant l’argent dans le salutaire et le bien et non dans la désobéissance, la destruction et la débauche?  Ces prédicateurs disent que l’islam prône le juste milieu.

Selon les explications de Dr Khalid Bouba, l’un des spécialistes de la jurisprudence islamique au Cameroun, le modèle économique islamique n’est pas capitaliste parce qu’il ne promeut pas l’individualisme à outrance. Il n’est pas non plus communiste, car il n’agrée pas le collectivisme  immérité. « L’islam en toute chose prône le juste milieu », rappelle-t-il, lors de notre rencontre à Yaoundé.  Ainsi, dans les transactions financières, l’Islam s’insurge contre ce que les sources de Camerpost appellent « Ar-Ribâ » qui renvoie à l’usure, l’intérêt. Nos informateurs disent que sa consommation est illicite pour le musulman. Selon l’Islam, l’investisseur se comporte comme un entrepreneur et partage les risques et les rendements.

Dans l’histoire, la première banque islamique, octroyant des prêts sans intérêt, est née en Égypte en 1963, à Mit Ghamr. Mais aujourd’hui, la plus grande institution bancaire islamique, c’est la Banque islamique de développement. L’Organisation de la Conférence Islamique relance l’idée d’une banque islamique en 1974 en adoptant un texte commun allant en ce sens (Institution of an Islamic Bank, Economics and Islamic Doctrines). En 1975, à la suite de ce texte, la Banque islamique de développement, organisme publique de financement, est formée en Arabie saoudite. Le Cameroun fait partie des pays membres.

Aujourd’hui les banques classiques s’intéressent à ce mode de financement. Elles proposent des produits tels que la mousharaka : Ici, les partenaires apportent les fonds, mais seul l’un d’eux a la  charge de la gestion du projet. En clair, ces banques islamiques ont développé la « mousharaka mutanaquissa » qui consiste à participer au financement de l’acquisition notamment d’un bien immeuble. Une grande partie des fonds, soit 90 % est apportée par la banque et le reste soit 10 % par le particulier. Le processus de remboursement et tous les aspects de la transaction sont contenus dans un cahier de charge dès le début.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

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