Cameroun – Fièvre Ebola : Sale temps pour la viande de brousse – 07/01/2015

La viande de brousse perd la côte. Photo d'illustration
La viande de brousse perd la côte. Photo d’illustration

Source de protéines et de fer, cet aliment tant prisé dans les ménages est à la peine depuis quelques mois.

Le 30 décembre dernier, plus de 600 espèces fauniques constituées des singes, porcs-épics, rats palmistes, vipères, tortues et python ont été brûlés à l’esplanade de la délégation régionale des Forêts et de la Faune du Centre. Un militaire du Bataillon d’invention rapide( Bir) a tenté à main nue d’extraire du feu un gigot de singe. Il a été stoppé par un responsable du ministère des  Forêts et de la faune, en service à la délégation régionale du Centre. Comme le soldat, de nombreuses personnes ont accouru ce jour-là à la délégation régionale, dans l’espoir d’obtenir de la viande à moindre coût.

D’autres espéraient un geste magnanime du délégué régional du Minfof pour les fêtes de fin d’année. Celui-ci s’est montré ferme et n’a cédé à aucune pression : « Cela nous fait mal de brûler une telle quantité de viande, mais nous sommes obligés d’appliquer la loi », a répliqué François Issola Dipanda. « Pourquoi choisir de brûler de la viande de brousse au lieu de la revendre ou la partager aux nécessiteux ? », s’interroge Sinclair Ombga, boutiquier à Yaoundé. Depuis quelques mois, le virus Ebola faisant des ravages dans certains pays africains, des mesures ont été prises par les autorités camerounaises pour permettre à notre pays de faire face à cette épidémie.

La moins populaire a été l’interdiction de la vente et de la consommation de la viande de brousse sur toute l’étendue du territoire. Selon le délégué régional du Minfof pour le Centre, la saisie opérée le 31 décembre dernier à Yaoundé entre dans le cadre des instructions données par le gouverneur de la région du Centre pour empêcher que le virus Ebola n’entre au Cameroun. En effet, avant le Virus Ebola, le ministère des Forêts et de la faune procédait à la vente aux enchères des espèces saisies. Cette démarche des autorités camerounaises fait débat. Rosalie Nyaga vend depuis quelques années le bouillon du singe au quartier Mballa 2 à Yaoundé.

« Les médecins qui sont censés traiter le virus Ebola viennent chaque jour manger ici dans mon restaurant, je ne vois pas l’importance de brûler de la viande de brousse dans notre pays », s’insurge-t-elle. Selon Samuel Fotso, nutritionniste, la viande de brousse est source de protéines et de fer dans l’organisme. Des apports très essentiels pour l’énergie de l’homme. Le nutritionniste ajoute que les mêmes apports que procure la viande de brousse peuvent être remplacés par le porc, la viande de bœuf ou du haricot.

Source : © Le Jour

Par Prince Nguimbous

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