Cameroun – Février 1933-février 2017 : Paul Biya, un anniversaire sur fond de défis

Paul Biya, un anniversaire sur fond de défis | Ph. PRC

Mu par un moral de fer, prompt à défier n’importe quel enfer, qu’il s’agisse des attentats suicides imposés par Boko Haram ou d’une crise anglophone inattendue, violente et radicale, le président Paul Biya qui vient de fêter ses 84 printemps, commémore son mois-anniversaire (février 2017) sous un air béat enduit d’optimisme qu’affiche l’économie camerounaise, la bonne santé du football national et la bravoure de la jeunesse… Plus adulé qu’abhorré, ce fin tacticien de la politique machiavélienne n’arrête pas de surprendre, au fil du temps…

Jamais le président n’a perdu la face

Le Président Paul Biya connaîtra-t-il jamais un règne de quiétude ? Depuis son ascension à la Magistrature suprême, le 6 novembre 1982, jusqu’aux instants présents, son magistère est ponctué de batailles, d’adversités et de complots. Si son prédécesseur, le président Ahmadou Ahidjo n’a mené qu’une seule guerre, contre le maquis marxiste, lui, Biya a expérimenté toutes les formes de guerres qui existent dans les encyclopédies : la traitrise des proches, le putsch manqué d’avril 1984, la guerre frontalière de Bakassi, la guerre asymétrique contre le terrorisme, la crise sécessionniste… Ce mois de février 2017, encore, toutes ces formes de guerres et de guéguerres ne se sont guère estompées… Bien au contraire, la rixe est vivace partout, chez Boko Haram qui perd du terrain, il est vrai, tout comme chez les coupeurs de routes qui foisonnent à l’Est du pays, la crise anglophone ne pouvait pas mieux tomber… à peine avait-on commencé à jubiler sur le démantèlement de l’épicentre de la secte Boko Haram dans son fief, la fameuse la forêt de Sambisa, logée au nord-est du Nigeria, que le SCNC est sorti de sa sieste outrée pour porter l’estocade, au moment idoine où on s’y attendait le moins… Toutefois, le président gère, il gère tout autant qu’il n’a pas complètement digéré les attentats-suicides d’un Boko Haram revêche… Pile ou face, jamais le président n’a perdu la face. Jamais, il n’a jamais plié l’échine. Usant de ruses et de stratégies multiformes qu’apprécierait Sun Zi, grand maître dans l’Art de la guerre, le président Paul Biya, devenu chef de guerre malgré lui, n’a fléchi devant aucun adversaire. N’est-il pas en treillis depuis 1982, l’an de grâce où il accéda au pouvoir ? À cette époque-là, Paul Biya allait sur ses 49 ans… Faut-il pour autant s’en vanter ? L’intéressé est loin d’être un va-t-en-guerre… Et, pourtant, de guerre lasse, le président fera la guerre plusieurs fois, et vaincra ses ennemis, sans se bomber le torse ni soumettre ses adversaires à la perfidie des vaincus. L’humanisme caractériel chez le président Paul Biya est davantage axé vers l’intérêt commun et non dans la recherche d’une quelconque gloire personnelle que procure la rixe. Ainsi est Biya ! Immuable à souhait, à 84 ans, le président est toujours en guerre.

Le Cameroun est un et indivisible !

Ce mois de février 2017, le président est en guerre contre la secte Boko Haram qui a encore récemment fait des morts à Mora. Lui, Biya, chef suprême des Armées, vient d’enterrer quatre des valeureux officiers de notre armée tombés à Bogo dans un accident d’hélicoptère. Lui, Biya, tente insidieusement de trouver des solutions à la crise anglophone, il a déjà fait moult concessions, il ne baisse pas les bras, sa philosophie est connue : « le Cameroun est un et indivisible ! » Que demander de plus à un philanthrope qui évite la rixe ? Le meilleur moment pour cet homme d’Etat sans état d’âme, lorsqu’il s’agit de défendre les 475 000 Km2 de superficie du Cameroun, reste la victoire des jeunes Lions indomptables à a CAN-Gabon 2017. Là, on a vu un Paul Biya heureux et radieux devant les prouesses de la jeunesse, sans oublier le difficile contexte de la reprise timide des cours dans le Nord-ouest et le Sud-ouest….

Paul Biya en guerre contre la pauvreté

Malgré des intimidations, Paul Biya a beaucoup fait preuve de patience. Sa patience inimitable sonne comme un chant de ralliement, mais, on le sait, chez tout humain, la patience a des limites. Le président Paul Biya l’a dit, « il n’est pas acceptable que l’on use de menaces, d’intimidations ou de violences pour obliger quiconque à adhérer à un mot d’ordre de grève. Il n’est pas non plus acceptable, que l’on prenne en otage l’éducation et l’avenir de nos enfants, dans le vain espoir de faire aboutir des revendications politiques. Si le droit de grève est légitime. Le droit à l’éducation l’est encore plus. Il s’agit d’un droit fondamental. A l’instar de leurs frères et sœurs des autres régions, les élèves et les étudiants du Nord-ouest et du Sud-ouest ont droit à l’éducation. Ils ont le droit de préparer sereinement leur avenir. L’Etat prendra donc les mesures, toutes les mesures qui s’imposent pour que l’exercice de ce droit soit respecté. Ce mois de février 2017, Paul Biya qui vient de fêter son anniversaire est en guerre contre la pauvreté, de même qu’il se montre déterminé à redresser l’économie nationale qui fait face aux affres de la baisse du prix du baril du pétrole et des matières premières. Malgré ces fronts multiples, le Cameroun de Paul Biya tient bon. Grâce aux réformes engagées depuis des décennies, grâce à la diversité de ses paradigmes de production, grâce à la mécanisation optionnelle de son agriculture moderne, grâce aux appels du président envers sa jeunesse pour un investissement tous azimuts dans l’économie numérique, grâce aux leitmotivs du Fighting spirit inculqué par le président de la République aux jeunes, le Cameroun de Paul Biya demeure et reste le leader de l’économie de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), et n’entend pas perdre cette place prestigieuse.

Par Jules Vincent Mbamhameck