Cameroun – Fête nationale : Policiers et gendarmes sautent sur Jean Michel Nintcheu à Douala – 21/05/2014

L’honorable Jean-Michel Nintcheu a eu maille à partir avec les forces de l’ordre mardi 20 mai 2014 alors qu’il se rendait à la place de l’Udéac, théâtre de la parade civile et militaire organisée dans le cadre de la fête de l’unité nationale.

L’honorable Jean-Michel Nintcheu, député SDF.
L’honorable Jean-Michel Nintcheu, député SDF.

L’honorable Jean-Michel Nintcheu n’oubliera pas de sitôt la journée du 20 mai 2014. Alors que le président régional du Social democratic front (Sdf) pour le Littoral, se rendait à la place de l’Udeac, théâtre de la parade civile et militaire organisée dans le cadre de la 42eme fête de l’unité nationale, policiers et gendarmes l’ont interpellé au niveau du carrefour dit «Marché des fleurs». A bord de son véhicule, le député du Sdf a reçu la visite d’une escouade d’éléments des forces du maintien de l’ordre conduite par la commissaire centrale n°2, Mme Aïssatou. Après quelques civilités, le haut gradé de la Police fait savoir au député qu’elle a reçu instruction de contrôler son véhicule. Face à cette sollicitation persistante, Jean-Michel Nintcheu réplique : « Madame, est-ce uniquement mon véhicule qui doit être fouillé ou vos contrôles s’étendent à toutes les voitures ?»

Embarrassée, la commissaire de police centrale n°2 appelle en renfort le commandant de compagnie du Littoral I, le chef d’escadron Haddison qui viendra confirmer l’information selon laquelle, la patrouille mixte a reçu ordre de fouiller de fond en comble le véhicule du député au motif qu’il transporterait des banderoles et tracts aux contenus hostiles au régime. Sur ces entrefaites, une escarmouche éclate. La tension monte de plusieurs crans. Le député descend de son véhicule et sort une banderole aux couleurs du Sdf sur laquelle des témoins ont pu lire un message interpellateur : «Non à la tribalisation des institutions. Oui à une unité nationale véritable». Suffisant pour que flics et pandores bondissent sur l’élu de la nation, comme un félin se saisit d’une proie facile. Au passage un talkie walkie est endommagé. Le député accusé d’être à l’origine de cet impair est invité à remplacer cet outil de travail sinon son véhicule irait en fourrière. Jean Michel Nintcheu n’a pas voulu l’entendre de cette oreille.

Et pan ! Il lance : «ce sont nos impôts qui payent toutes vos tenues. Vos matériels de travail aussi». Se rendant compte qu’il était impératif que le président régional du Sdf aille conduire ses troupes au défilé, Jean-Michel Nintcheu plie l’échine et la flicaille arrache presqu’au forceps la fameuse banderole. Après avoir fulminé sa colère, le président régional du Sdf pour le Littoral rejoint ses camarades du parti à la parade non sans avoir digéré cette autre agression assez curieuse. Pour cause, le véhicule de la victime avait bel et bien le macaron des députés et l’élu de la nation arborait son écharpe tricolore. C’est dire qu’après 54 ans d’indépendance, le régime Ahidjo et Biya ne s’est pas toujours départi de vieilles habitudes dictatoriales de l’époque, empreintes de répression à tout va.

Source : © Le Messager
Par Alain NJIPO

Focal: Un soldat abat son chef à Edea

L’information est officiellement donnée par le gouverneur de la région du Littoral. S’adressant à la presse à la fin du défilé, Joseph Beti Assomo commence par adresser « mes félicitations à mes collaborateurs civils et militaires, les responsables du défilé civil, notamment ceux des écoles, des universités. Merci aux responsables des partis politiques qui ont consenti des sacrifices et des efforts pour habiller leurs militants, les encadrer et leur permettre de se joindre au reste de la nation pour célébrer cette fête.» Si à Douala le défilé s’est déroulé sans incident, «évidemment je ne saurai boucler ma déclaration sans faire allusion à cet incident survenu ce matin à Edéa à la base du bataillon d’artillerie où le soldat de deuxième classe, Samba Martin Paul a malheureusement tiré deux coups de feu sur l’adjudant Peter Zie», argue le n°1 de la région. Qui poursuit, «tous les deux étaient de garde à la soute à munitions de bataillon d’artillerie. On ne sait pas exactement ce qui s’est passé, apparemment, ce serait à la suite d’une crise de psychopathie sous l’emprise de laquelle ce soldat a agi. Je ne saurai être sentencieux sur les raisons de cet incident, mais la gendarmerie a ouvert l’enquête.» Maîtrisé de force, le soldat en question est aux arrêts, il suit des soins à l’hôpital, renseigne Beti Assomo. «Ceci dit, le chef de l’Etat et la nation, sauront, en temps opportun rendre des hommages mérités à ce sous officier supérieur qui est tombé les armes à la main en faisant son devoir», dixit le gouverneur.

V.T.