Cameroun – Ferdinand Nana Payong : Quand le président Paul Biya joue au 2.0

Ferdinand Nana Payong | Archives/DR
Ferdinand Nana Payong | Archives/DR

Si le Cameroun était un être humain, et que son médecin était emmené à établir son check up en fin d’année, il lui demanderait : Cameroun, côté numérique, comment vous sentez-vous ? Bof ! répondrait-il, avant d’ajouter… « Mais, Doc, depuis que je me compare au Kenya, au Sénégal, au Rwanda et quelques congénères en Afrique, je commence à m’inquiéter sérieusement pour 2035 ». Certes, la situation n’est pas aussi alarmante qu’il faille préconiser une thérapie radicale mais, un remède de cheval éviterait à ce patient de sérieux ennuis.

Le moment choisi par le président de la République pour suggérer la révolution numérique dans son discours apparaît particulièrement pertinent. Il intervient dans une ère où administrations publiques, entreprises privées, Camerounais d’en bas et d’en haut accusons un retard préoccupant dans le domaine du digital. Tenez ! Combien d’entre nous possèdent une adresse e-mail active ? Quel est le pourcentage d’entreprises ou institutions disposant d’un site web ou utilisant un média social ?

Quand le Président Paul Biya évoque la question de l’économie numérique dans son discours du 31 décembre 2015, cette interpellation s’apparente à un électrochoc administré à un athlète pour l’emmener à se connecter aux meilleurs, car ces derniers négocient ou, ont négocié avec succès leur virage numérique. ils ont considérablement et rapidement accru la croissance de leur PIB, augmenté de manière spectaculaire le nombre d’emplois direct pour les jeunes, notamment dans les nouveaux métiers liés au numérique tels que les webdesigner, community manager, curator, social média manager, digital manager, chef de projet web, digital storyteller, directeur de communication digitale, directeur de création digitale, affiliate manager, responsable éditorial web, consultant search marketing, traffic manager, responsable marketing online, webmaster… et de dizaines d’autres métiers relatifs à la cyber sécurité ainsi que de nombreuses professions existant et à venir.

Que dire des potentiels milliers d’emplois indirects et induits dans l’hôtellerie, le voyage, l’électronique, les médias et d’autres services ! Le président de la République nous invite donc à « rattraper au plus vite notre retard dans le développement de l’économie numérique » on peut considérer qu’il a fermement attiré l’attention de tous ses collaborateurs tout en proposant à tous les Camerounais de partager, voire de porter sa vision pour le digital. Il reste donc à définir l’axe stratégique susceptible de susciter l’intérêt, l’adhésion et la motivation des uns et des autres.

En effet, les défis et les retombées d’une transformation numérique au Cameroun sont énormes. Qu’il s’agisse du sempiternel ROI* ou des avancées sociétales, le numérique change tout. Pour l’entreprise, il est surtout déterminant dans le rapport aux clients, aux fournisseurs, pour des réductions exceptionnelles des coûts de production sans compter la productivité. Sur un plan général, le numérique révolutionne le rapport au travail, la manière d’innover et de s’organiser. C’est un immense gisement d’accélération des décisions et de compétitivité, et donc, de croissance. Nous devons effectivement en tirez avantage pleinement.

La menace est très grande, l’urgence est là, les pesanteurs sont énormes, mais certains paradoxes, loin de constituer des freins sont des atouts majeurs providentiels : l’un des paradoxes évident établit et incontestable : À l’instar des populations africaines, l’immense majorité de la jeunesse camerounaise a adopté le numérique, beaucoup seraient même édictes. Mais, les entreprises ne suivent pas. Elles perdent chaque jour d’immense part de marché uniquement du fait de leur absence sur internet (En Europe, Plus de 80% des entreprises en faillite en 2013 n’étaient pas présentes sur internet).

De nombreux experts interrogés affirment que la plus part des dirigeants réfractaires au numérique le sont du fait de l’ignorance, du déficit de compétences, des rigidités organisationnelles, d’un manque de ressources financières ou d’un manque de vision ou d’implication visible des dirigeants. D’autres experts ajoutent qu’il faut une vision forte du dirigeant et le leadership pour entraîner les équipes vers les résultats souhaités. Par l’évocation de l’économie numérique dans son discours du 31 décembre dernier, le Président Paul Biya a donné le coup d’envoi. Les ministres, patron de grandes et petites entreprises viennent de recevoir la légitimité pour fédérer et booster les énergies. Le Cameroun regorge de talents dans la Diaspora et dans le pays. Rangeons nos hostilités de principe aux vestiaires et avançons dans cette révolution. À chacun de prendre Paul Biya aux mots et de mouiller le maillot à son poste, ainsi nous ferons des bons de géant en avant, afin de nous inscrire dans le monde de demain et ne pas disparaître à petit feu avec ceux qui seront restés dans le monde d’avant.

Source © : Le Jour

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