Cameroun – FECAFOOT : quand l’affaire des comptes bloqués redevient une affaire d’État

Tombi à Roko, président de la Fécafoot | DR
Tombi à Roko, président de la Fécafoot | DR

Alors qu’une « folle rumeur » laissant croire que deux banques de la République où seraient logés les deux comptes les plus importants de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), ont décidé il y a déjà un certain moment de ne plus accepter les demandes de retrait de fonds faites par les responsables de l’institution, les pouvoirs publics, apprend-t-on, se préparent à chausser à nouveau les crampons pour mettre un terme à la levée de bouclier menée par Abdouraman et ses comparses.

1-La Fécafoot crie à une nouvelle cabale

Ambiance ordinaire ce mercredi 06 janvier 2016 au siège de la Fécafoot sis au quartier Tsinga. Dans le parking, comme dans la cour, sont garés d’imposants et rutilants bolides.

Respect des engagements

Le tour de quelques bureaux donne à voir le sérieux et l’assiduité des occupants. Une ambiance studieuse qui démontre bien que ces derniers sont plus occupés à éplucher la pile de paperasse qu’ils ont devant eux, plutôt qu’à autre chose. Au premier étage, deux membres appartenant à des Commissions spécialisées dissertent dans le couloir. Un peu plus loin, c’est le comptable en chef, les mains chargées de dossiers frappés du sceau « payé », qui va d’un bureau à un autre. L’homme, vêtu d’une chemise en jean légèrement défraîchie, a juste le temps de répondre d’un sourire au bonjour d’une ses collègues qui dévale les escaliers pour se diriger vers le bureau des compétitions.

Au deuxième étage, le silence est d’or. Laurence Fotso est submergée. Entre consignes à son équipe, relecture d’un document à faire signer par le secrétariat général, report d’un rendez-vous et transmission de certains dossiers importants à sa hiérarchie directe, le chef du département communication et marketing n’a pas une minute à elle. Parfois à bout, elle avale une grosse gorgée de café noir avant de répondre à son téléphone qui n’arrête de sonner. En même temps, elle doit s’assurer de la bonne préparation du match amical international que les Lionnes indomptables vont livrer samedi prochain au stade de la Réunification de Douala. Au bureau du responsable des affaires juridiques, comme au cabinet du président de la Fécafoot, aucune allusion au sujet concernant les « comptes bloqués » de la Fécafoot. D’ailleurs, certains proches collaborateurs du maître des céans éclatent de rire lorsque le reporter du Messager tente de les interroger sur cette affaire qui s’est répandue, telle une traînée de poudre sur la toile la veille non sans faire le buzz sur les réseaux sociaux.

« Ce sont des affabulations. Vous prêtez l’oreille à des agitateurs qui font feu de tout bois pour faire avaler des mensonges et des inepties qui ne sont que le fruit de leur imagination. Aucun des comptes de la Fécafoot n’est bloqué. Les factures sont payées dans les délais, les sélections nationales actuellement en stage, n’éprouvent aucun problème dans la préparation des échéances à venir. Le programme est respecté et toutes les dépenses inhérentes à leur prise en charge complète se payent progressivement comme convenu. Idem chez les employés qui sont régulièrement payés. Vous n’avez qu’à vérifier de vous-mêmes », confie une source au secrétariat du président de la Fécafoot. Des assurances qui tranchent pourtant avec la dernière actualité de mardi 5 janvier au Tribunal de Première instance (Tpi) de Yaoundé centre administratif où a eu lieu une audience à laquelle il a été rapporté que deux banques ont assigné dans le cadre d’un référé, la Fécafoot (son client), ainsi que des membres de cette fédération qui s’opposent au paiement de la moindre somme d’argent si ledit paiement est ordonné par Tombi à Roko.

2-Comptes et mécomptes de Tombi à Roko

Ce dernier qui, depuis le 12 novembre 2015, date de la sentence de la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) annulant l’ensemble du processus électoral à la Fécafoot, est resté la cible d’Abdouraman Hamadou Babba (président d’Etoile filante de Garoua), Joseph Antoine Bell (Bandjoun Fc) et Emmanuel Loga (Littoral Maison-mère). Les trois compagnons d’infortune, signent mordicus qu’il y’a quelques semaines, par l’entremise de Me Georges Wamba Makollo, avocat au barreau du Cameroun, ils ont saisi par les soins de Me Ngongang, huissier de justice à Yaoundé, toutes les banques où sont logés les différents comptes de la Fécafoot par une « notification contenant sommation d’avoir à refuser l’accès au mouvement dans un compte bancaire ». Toutes ces sommations, soulignent-ils, ont été servies à la Standard Chartered Bank, la Bicec, Ecobank, Uba et la Cbc. Pour être plus persuasifs, ils annoncent même la saisine de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le gendarme des banques afin qu’elle soit informée de la situation. Dans la foulée, ils confessent avoir mis en garde les partenaires de la Fécafoot : Orange Cameroun dont la sommation a été déposée et Puma par Dhl avec accusé de réception. Pour ne rien faire à moitié, Abdouraman et Cie, par le truchement de leur avocat jurent avoir saisi la Caf, et Markus Katner, le secrétaire général de la Fifa.

L’acte de l’huissier a été précédé du dépôt dans toutes ces institutions de la sentence du 1er octobre 2015 de la Chambre de conciliation et d’arbitrage (Cca) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc), annulant les statuts adoptés par l’Assemblée générale du 05 août dernier ; de la loi 2011/018 du 15 juillet 2011 fixant organisation et promotion des activités physiques et sportives promulguée par le président de la République, en insistant sur certaines de ses dispositions, notamment l’article 44 qui donne compétence à la Cca de rendre ladite sentence et l’article 59, qui dispose que les recours contre les décisions de cette Chambre ne peuvent se faire que devant le Tribunal arbitral du sport (Tas) à Lausanne, en Suisse ; enfin, de la sentence de la Cca du 12 novembre annulant l’ensemble du processus électoral à la Fécafoot.

Source : © Le Messager

Par Christian TCHAPMI

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