Cameroun – Faire miroiter l’autre : la pièce sur l’immigration des africains en Europe

Jean Boog, danseur interprète, chorégraphe | Ph. DR

Cette œuvre du Camerounais Jean Boog, danseur interprète, chorégraphe camerounais a été pensé et écrit pour trois danseurs hip hop de Douala. Le public aura droit à un spectacle de 25 minutes le 18 février 2017 à l’Institut français de la capitale économique. « Faire miroiter l’autre », apprend CAMERPOST, c’est faire croire que tout va bien, c’est faire croire que l’on a réussi et que la vie est belle. C’est également « des Africains qui vivent en Europe dont le rêve est de rentrer un jour en Afrique. C’est une communauté de personnes piégées par une démarche et un rythme de vie. Faire miroiter l’autre c’est travailler pour survivre et survivre pour travailler. Une proposition chorégraphique sur l’immigration des Africains en Europe », d’après l’initiateur.

Après 7 ans en dehors de Douala et du Cameroun (5 ans au Tchad et 2 ans en France), Jean Boog, danseur de profession, fait son grand retour au pays et il est à la une du programme de l’Institut français de Douala. Avant le 18 février, il va mener une résidence de création de deux semaines avec 6 danseurs hip hop à compter du 6 février prochain. Au-delà d’un simple projet de création, c’est aussi un vrai projet de sensibilisation à un sujet politique tristement d’actualité: celui de l’immigration africaine en Europe. Cette pièce vise à sensibiliser le public africain. Elle permet, dit-on, d’informer des difficultés réellement vécues par les migrants, afin d’arrêter d’idéaliser l’Europe. « Elle doit faire prendre conscience par la danse aux jeunes que leur avenir doit s’écrire dans leur pays. La pièce a vocation à tourner en Europe et en Afrique », souligne les organisateurs à CAMERPOST.

Né en 1986, adolescent, il danse le hip hop dans les rues de Douala, se perfectionnant chaque jour avec son groupe jusqu’à être finaliste à Nairobi au Kenya en 2009 lors de la compétition Malta Street Dance. Repéré à Yaoundé pendant le Festival international Aboki Ngoma en 2010 par le Directeur du Ballet National du Tchad, il intègre son ballet comme danseur permanent. En 2011 il représente le Tchad à l’occasion du Cinquantenaire de l’Indépendance comme chorégraphe assistant, et tourne une publicité pour l’anniversaire du Cinquantenaire en tant que danseur soliste. Il a dispensé des cours de danse aux jeunes des quartiers dans le cadre d’un projet FSD (Fonds social de développement) financé par l’Ambassade de France au Tchad, et il a été le formateur de jeunes orphelins qu’il a initié à la danse contemporaine en collaboration avec l’Ong Coopi.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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