Cameroun – Exposition artistique – Joël-Alain Mvondo : « Ici nous valorisons les accessoires de mode locaux »

Joël-Alain Mvondo, promoteur du collectif Missanga | © CAMERPOST / Augustin TACHAM

Près de deux ans après la tenue de la première édition de l’exposition du collectif Missanga, à Yaoundé, l’heure est à la préparation de la seconde édition. Chez les organisateurs, il ya des innovations en vue. Rencontre avec le promoteur de cette plateforme artistique des accessoires de mode au Cameroun, Joël-Alain Mvondo.

Le collectif au pays du Missanga, expliquez le concept ?

C’est une occasion où des artistes spécialement des accessoiristes se rencontrent pour créer l’harmonie entre les couleurs et les formes combinées. Nous avons eu une trentaine d’artistes camerounais à cette occasion. L’évènement rassemblait prioritairement des artistes spécialisés dans la récupération d’objets usés et/ou naturels. Ici c’est le lieu de l’expression du génie créateur et l’inspiration dans la fabrication des tennis, des bustiers en bambou de raphia, des babouches à l’ « obom» (écorce d’arbre), des boutons d’habits à partir des fibres de bois de bambou, communément appelés bambou de Chine, des sacs à base de bouchons de bière.

Bientôt la prochaine édition de l’exposition au pays des Missanga. On reprend les mêmes et on recommence ?

Nous irons dans la même lancée. Mais, rien ne nous interdit d’être ambitieux. Nous restons dans la valorisation des matériaux locaux. Nous allons parler  désormais, du concept, Cameroun-Culture-Plus. Ce nouveau paradigme prévoit, en attendant la deuxième édition, un mode de recrutement des artistes qui vont participer. C’est une façon pour nous de grader la main. Chaque mois au sein du café de France de l’Institut français de Yaoundé, nous désignons, le designer du mois. Le designer du mois, c’est un artiste accessoiriste qui rivalise avec d’autres et son travail est choisi par des experts. A la prochaine édition, il y aura les meilleurs des meilleurs.

Le collectif Missanga, d’où vous êtes venue l’idée ?

Il n’était jamais arrivé qu’on expose sur les accessoires de mode au Cameroun. Et profitant de ce vide, je me suis dis, pourquoi ne pas me lancer dans la brèche. Cette exposition est un évènement inédit qui réunit des artistes camerounais qui adaptent des matériaux traditionnels sur les modèles occidentaux. C’est vouloir valoriser notre culture, c’est mettre en prime notre identité.  Cette exposition nous permet de se démarquer de l’accessoire qui vient du Mali, du Sénégal etc. Ici, pas question d’utiliser la bijouterie occidentale et asiatique.

Vous dites que vous êtes facilitateur culturel. Rassembler ce beau monde n’a pas été facile ?

Le travail était centré uniquement sur les artistes accessoiristes et Dieu seul sait qu’ils ne sont pas nombreux chez nous. J’ai été confronté à plusieurs problèmes. Quand j’expliquais le concept à des aînés, certains me regardaient de haut. J’ai rencontré des gens qui travaillent tous les jours avec les mains, mais tous ceux qui étaient là, n’étaient pas des accessoiristes à la base. J’ai dû leur expliquer mon projet et Dieu merci des grands artistes sont venus. C’est l’occasion pour moi de remercier, Dissakè, Ben Binyotto et les autres.

© CAMERPOST – Propos recueillis par Augustin TACHAM

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