Cameroun – Exactions de l’armée au Nigeria : Le démenti du gouvernement

Issa Tchiroma Bakary, Ministre camerounais de la communication et porte-parole du gouvernement | DR
Issa Tchiroma Bakary, Ministre camerounais de la communication et porte-parole du gouvernement | DR

Dans un communiqué publié le 24 décembre 2015, le ministre de la Communication, rejette les allégations d’Associated Press

« Une dépêche de l’Agence de Presse « Associated Press » (AP) postée sur son site Internet en date du 8 décembre 2015, fait état de prétendues exactions commises par les Forces de Défense camerounaises lors des opérations de ratissage effectuées aux abords de la frontière avec le Nigéria dans la région de l’Extrême Nord, et au cours desquelles pas moins de150 villageois de nationalité nigériane auraient été exécutés, leurs habitations incendiées et leurs biens pillés et dérobés par nos soldats en territoire nigérian.

Le Gouvernement de la République du Cameroun apporte un démenti formel et catégorique à de telles allégations, qui ne peuvent être que le fait de manœuvres de Boko Haram et de ses partisans visant d’une part, à jeter le discrédit sur la bravoure et le professionnalisme de nos Forces de Défense, et d’autre part, à pâlir l’éclat des victoires cinglantes remportées sur le terrain des combats contre l’organisation terroriste Boko Haram.

Le Gouvernement saisit la présente occasion pour une fois de plus en appeler à la vigilance de nos populations, et les alerter sur la capacité de nuisance du groupe terroriste Boko Haram qui, défait sur le terrain des opérations militaires, fait désormais feu de tout bois, pour semer le doute dans l’esprit des uns et des autres et tenter de démobiliser nos Forces de Défense et de Sécurité au plan moral.

De telles manœuvres, aussi grossières qu’elles sont, visent de toute évidence à jeter le discrédit sur notre pays et entamer la sérénité qui prévaut entre le Cameroun et le Nigéria, particulièrement dans cette synergie grâce à laquelle la nébuleuse criminelle Boko Haram mise en déroute, se trouve désormais acculée dans ses derniers retranchements.

De fait, les opérations qui se déroulent depuis près d’un mois à la frontière avec le Nigéria dans cette région du Cameroun, se font dans le cadre d’une coopération étroite avec les forces du secteur n°1 de la Force Mixte Multinationale de la Commission du Bassin du Lac Tchad. Elles bénéficient de la bienveillante collaboration des Autorités officielles et des Forces Armées nigérianes, qui à chaque occasion, ne manquent pas d’exprimer leur gratitude et leur satisfaction à leurs homologues camerounais pour la manière et l’efficacité avec lesquelles ces opérations sont menées.

« Opérations coordonnées »

Il faut aussi préciser que chaque fois qu’un commandement militaire des Forces impliquées sur les lignes de combat envisagent d’entreprendre une opération, qu’il s’agisse des Forces camerounaises, de la Force Mixte Multinationale ou de l’Armée nigériane, les autres commandements en présence en sont informés, de sorte que ces opérations se déroulent en parfaite harmonie et en synergie totale de toutes les Forces en présence.

Par ailleurs, et s’agissant en tout cas des Forces de Défense camerounaises, celles-ci sont éminemment formées à la connaissance et au strict respect des droits humains, auxquelles elles sont astreintes de façon permanente. Les militaires camerounais sont donc placés dans les dispositions les plus idoines pour la protection et la préservation des droits humains dans les opérations qu’ils sont amenés à effectuer. Et si d’aventure l’un d’entre eux venait malheureusement à contrevenir à cette obligation fondamentale, il devrait en répondre devant les instances disciplinaires appropriées, et le cas échéant, devant les juridictions compétentes.

Au demeurant, les 900 otages libérés au terme des opérations menées par les Forces de Défense camerounaises du 26 au 28 novembre derniers en sont des témoins oculaires et vivants. Ils peuvent donc attester de ce qu’il y ait eu ou non des assassinats ou des exactions perpétrés contre des civils nigérians.

Tout journaliste ou tout observateur de quelque nature que ce soit, a donc la possibilité d’interroger ces ex-otages là où ils se trouvent à l’heure actuelle.

La même dépêche de l’agence de presse « Associated Press », fait par ailleurs état de plaintes côté nigérian relatives à de prétendues expulsions massives de ressortissants nigérians du territoire camerounais, expulsions qui de surcroît se dérouleraient dans des conditions inhumaines et dégradantes.

Là encore, le Gouvernement de la République du Cameroun rejette totalement ces autres allégations, la réalité étant toute autre.

Certaines personnes de nationalité nigériane reconduites du territoire camerounais vers leur pays d’appartenance, sont en fait des réfugiés ayant fui les zones dans lesquelles l’Armée nigériane mène un combat acharné contre les terroristes du groupe Boko Haram, pour trouver refuge en terre camerounaise où ils sont accueillis avec hospitalité et convivialité.

Au fur et à mesure que ces zones sont stabilisées en territoire nigérian, les réfugiés sont alors reconduits dans leur pays et ceci, avec leur consentement.

Le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, a donné des instructions fermes et mis à disposition un soutien matériel et logistique approprié, pour que le convoiement de ces personnes vers leur pays, s’effectue dans les conditions de sécurité et de dignité optimales.

Aucune exaction, aucune brutalité, aucun traitement inhumain ne sont donc commis sur ces personnes, toutes heureuses de retrouver leur terre d’appartenance au Nigeria.

Il convient de préciser sur un tout autre plan que, l’afflux de ces réfugiés à un moment donné sur le territoire camerounais aura mis à mal les capacités d’accueil disponibles.

À titre d’illustration, le Camp de Minawao dans l’Extrême-nord, prévu pour accueillir 18 000 réfugiés au maximum, en est aujourd’hui à 52 000.

En tout état de cause, le Ministre de la Communication réitère à nos Forces de Défense et de Sécurité, au nom du Gouvernement, le soutien de la nation tout entière pour le combat acharné et victorieux qu’elle mène sur le front de guerre contre l’obscurantisme, la brutalité et la criminalité aveugle du groupe terroriste Boko Haram.

Le Ministre de la Communication adresse à nos Forces de Défense et de Sécurité, ainsi qu’aux comités de vigilance qui œuvrent à leurs côtés et auprès des autorités administratives, des encouragements du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA.

Toujours au nom du Gouvernement, le Ministre de la Communication salue l’engagement de la communauté internationale auprès du Cameroun et des autres pays de la ligne de front dans la lutte engagée contre le groupe terroriste Boko Haram ».

(é) ISSA TCHIROMA BAKARY

Ministre de la Communication

Source : © Cameroon Tribune

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