Cameroun : Escalade de violence à Bamenda

La ville de Bamenda dans le Nord-Ouest du Cameroun | Ph. © CT

Des actes de vandalisme, d’une «rare violence», selon des sources jointes au téléphone par APA, ont eu lieu jeudi dans la ville camerounaise de Bamenda (Nord-Ouest) où, depuis deux mois des avocats et enseignants d’obédience anglophone avaient engagé des mouvements d’humeur corporatistes.

Tôt ce jeudi matin, apprend-on, des dizaines de jeunes ont dressé des barricades sur les principales artères de cette ville frondeuse, mettant symboliquement le feu à des tenues du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir).

«Il y a des colonnes de feu montant à travers la ville, alors que la police et la gendarmerie ont pris possession de la rue et interpellé quelques casseurs», témoigne un habitant de la ville depuis son abri.

De même, plusieurs témoignages ont fait état de banderoles disséminés à travers Bamenda, appelant à la sécession des régions anglophones où certains tenants de la partition du pays semblent avoir élu domicile.

Cette escalade de violence, note-t-on, intervient le jour même où des dirigeants de ladite formation, après Buea (Sud-Ouest) la veille, projetaient de tenir un meeting destiné à appeler au calme et au dialogue.

«Le Premier ministre et le secrétaire général du RDPC n’ont pas été vus dans la ville pour ce rassemblement prévu en milieu de matinée», a ainsi expliqué une source locale, invoquant «une insurrection» et affirmant par ailleurs que toutes les activités étaient paralysées et que les populations, apeurées, s’étaient enfermées dans leurs résidences.

On rappelle qu’au départ de ce mouvement ayant entraîné des revendications sécessionnistes, ce sont des enseignants et avocats d’obédience anglophone qui, pour les premiers dénonçaient la «marginalisation» de leur sous-système éducatif, alors que les second exigeaient la traduction en anglais de plusieurs instruments juridiques.

Voici plus d’une semaine, rappelle-t-on, le gouvernement a annoncé la mise sur pied de comités ad hoc en vue d’étudier lesdites revendications, alors que certaines autres exigences connaissaient un début de solution concrète à travers des actes du chef de l’Etat.

© CAMERPOST avec © APA

  • masterpeace

    Jamais vu un tel parti pris éditorial. cet article est à vomir. le peuple revendique tout simplement ce à quoi on a été privé depuis des années. Ouvrez les Yeux! enough is enough!