Cameroun – Environnement : La dictature des bouteilles plastiques dans la ville de Yaoundé

Mfoundi, véritable dépotoir de bouteilles plastiques | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo
Mfoundi, véritable dépotoir de bouteilles plastiques | © CAMERPOST / Olivier Ndema Epo

Les déchets plastiques sont importants dans la capitale du Cameroun. L’arrêté ministériel interdisant l’usage d’emballages plastiques passe inaperçu.

Un dépotoir de bouteilles plastiques après usage ! telle est la fonction de la rivière Mfoundi. Le célèbre cours d’eau yaoundéen en est rempli à maints endroits. L’on a même le sentiment que les eaux de la rivière ont été aspirées par ce flot de bouteilles plastiques souillées.

Les bouteilles plastiques usagées pourraient causer de véritables catastrophes écologiques. Cette situation, le Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable veut l’éviter. Le 24 avril 2014 en effet, Pierre Hele interdisait les emballages de 61 microns. Déclarés non recyclables ils peuvent causer des dommages à l’homme et à son environnement. Le texte ministériel emporte de manière générale l’interdiction de sachets d’emballage plastiques, et de certaines marques de boissons hygiéniques.

La situation ne semble pas évoluer dans le bon sens. Les emballages plastiques continuent d’avoir le vent en poupe dans la cité. Des dizaines de tonnes de boissons hygiéniques et d’emballages plastiques ont d’ailleurs été saisies. Selon l’article 275 du Code des Impôts, les boissons hygiéniques désignent les jus non fermentés faits à base : d’orange, ananas, pamplemousse, tomate, etc…    à cette liste l’on ajoute les limonades de même que les eaux minérales et gazeuses. L’utilisation des emballages et bouteilles plastiques est exacerbée dans la ville de Yaoundé. Les multiples rappels du Gouvernement n’y font rien. De fait les populations s’y sont déjà attachées. Les commerçants doivent même ruser pour satisfaire leurs clients et se constituer des stocks. Les importations frauduleuses de boissons hygiéniques se poursuivent également. Conséquence les montagnes de bouteilles plastiques vides ne disparaissent pas. Les cours d’eau continuent de les charrier.

Une étude récente faisait une estimation du niveau de pollution des villes camerounaises. Les résultats obtenus font état de six millions de tonnes de déchets au quotidien. Les produits plastiques constituent 10% de la masse totale des ordures. Les cours d’eau, le mfoundi notamment, sont le meilleur moyen de s’en débarrasser. Ces déchets résistent aux mesures  gouvernementales, imposant de ce fait une sorte de dictature aux populations de Yaoundé. Un véritable désastre écologique en perspective.

© CAMERPOST par Olivier Ndema Epo