Cameroun – Enseignements secondaires : seule la volonté ne suffit pas

Ernest Ngallé Bibehé, Ministre camerounais des enseignements secondaires (MINESEC) | DR
Ernest Ngallé Bibehé, Ministre camerounais des enseignements secondaires (MINESEC) | DR

L’école souffre des formes de déviances. Les autorités tentent de reprendre la main dans un secteur presque agonisant.

L’heure était à la célébration de la 14ème édition de la journée nationale de l’orientation scolaire (JNOS) 2016, vendredi dernier. Occasion de faire un état des lieux de la situation. Le thème choisi montre qu’il y avait urgence : « L’orientation- conseil pour lutter contre les dépravations des mœurs en milieu scolaire ».

Le vrai visage de l’école au Cameroun

Le MINESEC, lui-même a fait l’éventail des problèmes qui minent le milieu. Pour les dépravations des mœurs en milieu scolaire, notamment, il s’agit : du vol, des harcèlements sexuels, des pratiques de sorcellerie et autres, du port d’armes blanches (couteaux, armes rasoirs poignards), de la corruption, de la flânerie, de l’indiscipline, du défi de l’autorité (insolence, arrogance, impolitesse…), de la consommation d’alcool et de la drogue, de l’usage du téléphone etc…

En plus de cette panoplie, il y a des écueils sur le plan fonctionnel.  La réussite aux examens officiels est une formalité. La condition, la seule est de faire un dossier de candidature car depuis peu, on entend parler de « bac des élections lors des années électorales, probatoire de la coupe du monde », lorsque les lions indomptables font un bon parcours en juin et que les résultats parviennent des semaines plus tard. Un enseignant avoue être embêté par des élèves de la classe de première, qui lui demandent à la veille des examens officiels, « monsieur, quelle sera la moyenne cette année pour avoir son probatoire ? ». C’est dire que le système est connu par les concerné.

Par ailleurs, la chasse au matricule est une autre pesanteur, qui brise les efforts des pouvoir publics dans ses démarches pour promouvoir une éducation de qualité. Les candidats à l’entrée à l’Ecole normale supérieure n’y vont plus par vocation mais par raison existentielle.

Le bouc émissaire

Il a été vite trouvé cette année. C’est le conseillé d’orientation sur qui repose désormais, la charge de porter les lacunes des parents, des élèves et des pouvoirs publics. Qui danse mal accuse son pantalon, le dicton est bien connu ici. Le conseiller doit donc :

« Face à la détérioration des mœurs en milieu scolaire, le conseiller d’orientation se doit d’agir auprès des élèves en synergie avec divers acteurs : élèves, parents, administration scolaire et autres ». Constat frappant, dans ce nouveau cahier de charge de crise, les pouvoirs publics sont oubliés.

Ensuite, «  permettre à l’élève de mieux se connaitre et pouvoir s’insérer dans le milieu scolaire et social de manière harmonieuse ». Et, pour des actions à remédier,

« Elles portent sur l’examen psychologique, la détection des faiblesses et les conseils à mettre en pratique. En luttant contre les comportements déviant en milieu scolaire, le conseiller d’orientation accompagne l’élève dans ses choix scolaires. L’aide à préparer son insertion future dans l’environnement socio-économique ». Scénarisation ou désir réel de changer, l’on attend de voir.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM