Cameroun – Enseignement Secondaire : Enest Ngallé Bibéhé un ministre face au système

Jean Ernest Ngallé Bibehe, ministre camerounais des enseignements secondaires | © SPM
Jean Ernest Ngallé Bibehe, ministre camerounais des enseignements secondaires | © SPM

Volontaire et courageux tels sont les expressions qui décrivent quelques actions entreprises par l’actuel ministre camerounais des enseignements secondaires. Seulement, dans un contexte marqué par l’immobilisme, la corruption et le trafic d’influence, seule la volonté ne suffit pas il faut compter avec les réalités du système.

La rentrée scolaire est effective au Cameroun. Le lundi 5 Septembre 2016, les élèves ont regagné les salles de classes. Au ministère des enseignements secondaires, un vaste mouvement de nomination de responsables a été engagé histoire de redonner un peu de vigueur à ce ministère ou le long règne de feu Louis Bapes Bapes a fait croire à certains qu’ils étaient intouchables et qu’ils pouvaient se permettre toutes les libertés. D’abord dans les services centraux à Yaoundé ensuite dans les délégations régionales et enfin dans les établissements scolaires et autres. L’opération de chaises musicale se poursuit avec quelques difficultés propres au système politico-administratif camerounais. Les nominations de responsables dans établissements scolaires notamment certains « grands » lycées des villes de Yaoundé, Douala et Bafoussam sont coincées pourtant l’idéal aurait été que cela se fasse avant la rentrée scolaire. Certaines sources indiquent que ce dossier encore dans les services du premier ministre, d’autres encore soutiennent que le blocage vient de plus haut. En réalité le véritable problème réside dans le fait certains responsables en poste s’accrochent et pour rester en place ils remuent ciel et terre et sont prêt à tout. Les « protégés » font appel à leur parrains qui à leur tour activent leur réseaux soit dans les services du Premier Ministre soit à la Présidence de la République. C’est ainsi que les textes de nominations restent dans les parapheurs. Parfois lorsqu’ils sont enfin signés ils reviennent totalement modifiés et méconnaissables par leur auteur d’origine.

C’est la triste expérience vécue par l’ancien ministre de l’agriculture et développement rurale Essimi Menye. Ce dernier n’a jamais pu nommer les directeurs durant tout son passage dans ce ministère. Dans son ouvrage intitulé « Le Secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun. Entre mythes, textes et réalités », Jean Marie Atangana-Mebara ancien Secrétaire Général à la Présidence de la République reconnait ces pratiques et avoue qu’elles sont une limite au bon fonctionnement de l’administration camerounaise. Puisqu’il souligne que pour contourner cette façon de faire, certains ministres lorsqu’ils sont reçu par le Président de la République viennent avec leurs parapheurs et les déposent directement sur la table du PR.

Dans ce contexte comment peut-on espérer que les choses bougent et que les ministres et autre membres du gouvernement travaillent en toute sérénité ? Quel résultats attends-t-on d’un responsable qui se sait intouchable même en cas de faute ? Que peux-t-on exiger d’un collaborateur qui sait pertinemment que son patron ne peut rien contre lui ?

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER