Cameroun – Enseignement catholique : L’ Archidiocèse de Douala traîné en justice

Me Alice Nkom solliciter par le Syntespric contre l’ Archidiocèse de Douala | Photo DR/S.Ma
Me Alice Nkom solliciter par le Syntespric contre l’ Archidiocèse de Douala | Photo DR/S.Ma

14 délégués de personnels membres du Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (Syntespric) viennent de solliciter le secours de Me Alice Nkom pour introduire leur affaire en justice. Ils l’ont fait savoir à CAMERPOST. Ils sont remontés. Ils disent avoir comme l’a voulu « l’Archevêque Métropolitain de Douala, demandé pardon à ce dernier, bien qu’à tort, afin de recevoir leurs salaires. Sans succès », affirment sans aucune hésitation les hommes et femmes, délégués de personnels dans leurs différentes écoles catholiques de Douala et licenciés à ce jour.

« Nous avons rencontré à deux reprises la tutelle respectivement les 10 et 31 mai 2016. Il a dit que dans deux jours à compter du 31 mai dernier, il nous fera signe par le biais du Secrétariat à l’Education. En vain. Nous avons attendu sans aucun signe. Voilà pourquoi nous avons décidé de porter cette affaire en justice », soulignent les interlocuteurs qui ont, par ailleurs « remis une lettre d’amendement au concerné ». Ils sont accusés de : organisation, incitation et participation à une grève illégale ;  utilisation des enfants à des fins subversives ; entrave à la liberté du travail ; trouble à l’ordre public matérialisé par le barrage de la voie publique empêchant aux paisibles citoyens de vaquer à leurs occupations ; atteinte religieuse d’un lieu de culte ; insubordination.

L’Inspection du travail saisie

Avant d’entamer la procédure en justice, les concernés et la partie adverse ont tour à tour été à la délégation régionale du Travail et de la Sécurité sociale du Littoral. Comme le prévoit la loi. Sauf qu’à ce niveau, des sources révèlent que l’Inspection du travail a bel et bien sorti une décision datant du 14 avril dernier et demandant à la tutelle de ne point licencier les délégués de personnel. Par la suite, la Sous-préfecture de Douala Ier saisie, a également, apprend-t-on, rédigé un rapport allant dans le même sens que l’Inspection du travail. A la seule différence que « nous avons indiqué, pour ce qui est des délégués enseignants qui ne veulent plus reprendre du service, qu’il faille calculer leurs indemnisations et autres à la délégation du travail », précise un haut cadre de l’administration. Malheureusement, au regard de la saisine de la justice, on se rend compte que rien n’a évolué dans ce conflit qui oppose les deux parties depuis novembre 2015.

L’Archidiocèse se défend

Du côté de l’Archidiocèse de Douala représenté par le Seduc, l’on fait savoir que les plaignants n’ont pas été licenciés mais suspendus. Tandis que pour les plaignants, il s’agit plutôt d’un licenciement car « nos salaires ne passent pas depuis six mois. Et pourtant dans la lettre de suspension (pour reprendre les mots de l’employeur) qui nous a été donnée, il est écrit que nous devions recevoir nos salaires chaque mois ». En outre, après enquête, les délégués du personnel ajoutent que « nos cotisations ne sont plus reversées à la Caisse nationale de prévoyance sociale. De ce fait, est-ce donc une suspension comme le prétend l’employeur ou un licenciement ? C’est un jeu de mots pour nous distraire alors que le problème est ailleurs. Nous avons demandé pardon à l’employeur. Pourquoi devrons-nous continuer à souffrir », s’interrogent les concernés.

A l’origine

Ce sont les 11 et 12 novembre de l’an dernier que près de 800 maîtres des 45 écoles catholiques de l’Archidiocèse de Douala, les parents d’élèves et leurs progénitures ont manifesté à l’esplanade de la Cathédrale des Saints Apôtres Pierre et Paul de Douala. Réclamant la revalorisation de leurs salaires. « Nous avions décidé d’exprimer publiquement notre mécontentement par un arrêt de travail.  Nous agissions ainsi considérant le mépris caractérisé et notoire de la hiérarchie de l’enseignement catholique de Douala à l’égard des enseignants, brisant par le fait le dialogue social entre les deux parties depuis deux ans », faisaient alors savoir les enseignants. Après la grève, s’en était suivie le 18 novembre une réunion tripartite dans les services du Sous-préfet de Douala Ier. D’après le Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (Syntespric), comme mesures prises, il était question que, dès janvier 2016, les enseignants catholiques qui jusqu’ici étaient payés à moins de 50 000 Fcfa, devraient avoir une augmentation de salaire. L’application de la médecine de travail et l’injection des primes d’ancienneté dans les salaires étaient aussi à l’ordre du jour. Grande est la surprise de certains de recevoir plutôt des demandes d’explication et maintenant des licenciements.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

Poster un Commentaire

1 Commentaire sur "Cameroun – Enseignement catholique : L’ Archidiocèse de Douala traîné en justice"

Me notifier des
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
Jean François Mandeng

Je suis de tout cœur avec les enseignants

wpDiscuz