Cameroun – Enseignement catholique : 13 délégués du personnels licenciés à Douala

Des enseignants catholiques crient leur colère | © CAMERPOST/JN/ARCHIVES
Des enseignants catholiques crient leur colère | © CAMERPOST/JN/ARCHIVES

Ils viennent de recevoir des lettres de suspension de leurs contrats de travail.  Au moment où l’on vote les délégués du personnel. Une grève se prépare à nouveau.

Alors que se sont déroulées les élections des délégués de personnels le 1er mars 2016 comme voulu par le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss) sur le triangle national, dans les écoles relavant de l’Archidiocèse de Douala, le décor était tout autre. L’on a plutôt procédé en lieu et place des élections, au licenciement de 13 délégués de personnel trainant derrière eux plus de 30 ans de carrière. L’Archidiocèse de Douala, leur tutelle et le Secrétariat à l’éducation (Seduc) sis à St Paul de Nylon ont pris la décision de suspendre le contrat de travail de leurs collaborateurs. Les motifs ne sont plus ceux évoqués dans les colonnes de La Nouvelle Expression le 18 février dernier, notamment la participation illégale à la grève qui a secoué la ville en novembre 2015. En quelques jours, l’administration des écoles catholiques a « concocté » six chefs d’accusation dont voici la teneur :-organisation, incitation et participation à une grève illégale ; – utilisation des enfants à des fins subversives ; – entrave à la liberté du travail ; – trouble à l’ordre public matérialisé par le barrage de la voie publique empêchant aux paisibles citoyens de vaquer à leurs occupations ; – atteinte religieuse d’un lieu de culte ; – insubordination.

Toutes choses qui font dire au Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun (Syntespric) que l’eau a véritablement débordé le vase. Cette autre vague de licenciements est consécutive à une première au cours de laquelle huit enseignants et un directeur avaient été mis à la porte. Des maîtres des écoles St Jean Bosco à Akwa, St Louis I de Bonabéri, St Nicholas de Ndogpassi, Maria Goretti, Pierre Bonneau à Pk 14, St Jean Bosco annexe et bien d’autres. Le congédiement des délégués de personnels va en contradiction avec la récente décision signée le 13 janvier 2016 par le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona. Laquelle précise que le délégué de personnel ne peut être licencié ou affecté comme tous les autres employés. L’employeur est tenu de lui laisser dans les limites d’une durée qui, sauf circonstances exceptionnelles ou sauf convention contraire, ne peut excéder quinze (15) heures par mois, le temps nécessaire à l’exercice de ses fonctions. Ce temps lui est payé comme temps de travail. Il doit être utilisé exclusivement aux tâches afférentes à l’activité du délégué du personnel, telles qu’elles sont déterminées par la législation en vigueur. La note ajoute qu’il bénéficie d’un local nécessaire pour lui permettre de remplir ses missions et, notamment, de se réunir. Sur les chantiers où il n’existe pas de locaux, le patron d’entreprise facilitera, dans la mesure du possible, les réunions des délégués du personnel.

En outre, aux dires des syndicalistes, le délégué du personnel vaut son pesant d’or dans une entreprise. «Il est la courroie de transmission entre l’employeur et l’employé. L’élection concerne tous les travailleurs y compris les secrétaires, gardiens… tous ceux qui travaillent dans l’entreprise». Malheureusement, la suspension de ces 13 délégués de personnel augure des jours sombres pour les enseignants qu’ils représentaient. D’où cette déclaration du Syndicat des travailleurs des établissements scolaires privés du Cameroun : « si cet abus de pouvoir de la hiérarchie ne recule pas, nous envisageons un mot d’ordre de grève. Nous sommes très déçus et nous avons déjà saisi les autorités de Douala et Yaoundé».

Source : © La Nouvelle Expression

Par Linda Mbiapa, stg

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