Cameroun : Les enseignants du supérieur scrutent les lendemains de la recherche scientifique

Les enseignants du supérieur scrutent les lendemains de la recherche scientifique | © LNE
Les enseignants du supérieur scrutent les lendemains de la recherche scientifique | © LNE

Au cours de son 7e congrès cette semaine à Ngaoundéré, le Syndicat national des enseignants du Supérieur (Synes) a muri la réflexion sur les enjeux de la recherche universitaire dans le développement socio-économique du Cameroun d’ici à 2035.

La crème de l’éminence grise des universités camerounaises s’est donnée rendez-vous cette semaine à Ngaoundéré, à l’occasion du 7e Congrès du Syndicat national des enseignants du Supérieur (Synes). Rebaptisée « Congrès de la maturité », cette rencontre tenue du 29 au 31 mars au campus de l’Université de Ngaoundéré, a donné aux enseignants du Supérieur de questionner « la problématique de la recherche scientifique universitaire camerounaise à l’aube de l’émergence ». Il s’est davantage agi de l’examen à la lumière de la substantifique des laboratoires des universités camerounaises, des contributions scientifiques à élaborer pour faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035. Avant d’y arriver, le Synes aura préalablement identifié les pesanteurs d’une recherche universitaire camerounaise qui ne favorisent pas son éclosion définitive, non sans reconnaitre néanmoins des avancées notoires faites par le gouvernement du Cameroun.

Entre autres insuffisances, le Synes relève la faible rémunération des enseignants du Supérieur, en comparaison avec d’autres pays de la sous-région Afrique Centrale, et même ceux de l’Afrique de l’Ouest qui pourtant, disposent d’un PIB largement inférieur à celui du Cameroun ; la prime de recherche universitaire encore peu consistante pour favoriser la prépondérance et la qualité des résultats au service d’une cause sociale. Car en dépit d’une allocation spéciale du gouvernement camerounais en faveur de la modernisation de la recherche scientifique en 2009, il est à noter que l’excroissance des laboratoires des universités du pays est prioritairement le fait des financements des bailleurs de fonds étrangers. « Il y a une recherche très dynamique, mais cette recherche se fait sur des thématiques qui ne sont pas directement liées au besoin de nos populations. Il est important pour nous, en tant que syndicalistes, de faire des propositions concrètes sur ce que nous attendons du gouvernement, sur les orientations que nous souhaitons pour la recherche universitaire », argumente le Pr Joseph Lebel Tamesse, enseignant à l’Université de Yaoundé I et par ailleurs secrétaire général du Synes.

Suggestions et recommandations

Pour assurer la continuité de ses prérogatives qui concourent essentiellement à revendiquer et obtenir de meilleures conditions de vie et de travail pour les enseignants du Supérieur, le Synes suggère au gouvernement du Cameroun, son interlocuteur privilégié dans la quête du bien-être des enseignants, que les modalités en faveur de la prise en compte de la prime spéciale de recherche soient proposées pour améliorer le niveau de la pension retraite des enseignants. Il recommande par ailleurs une bonne gestion des effectifs d’étudiants sans cesse croissants dans les universités du pays, l’amélioration du ratio d’encadrement, la fourniture infrastructurelle dans les universités, la pédagogie universitaire en situation de grand nombre, la définition des curricula de formation, et le sort des diplômés de l’enseignement supérieur, la promotion de la recherche universitaire et son impact dans le développement socio-économique du pays en vue de l’émergence en 2035.

Il convient de souligner qu’au moment où nous mettions sous presse hier, l’élection d’un nouveau bureau exécutif national du Synes, l’une des articulations majeures de ce congrès, avait cours à l’Université de Ngaoundéré. Ce, en apothéose à trois jours d’activités riches des conférences-débats, mais davantage d’ateliers, portant sur la gouvernance de la recherche universitaire, l’interaction entre la recherche universitaire et la société, le financement de la recherche universitaire ou encore l’adéquation entre la recherche et les curricula universitaires.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Yannick Kenné, à Ngaoundéré

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