Cameroun : Encore des enlèvements dans l’Adamaoua

Deux personnes ont été enlevées mercredi 06 janvier à Kalmet dans la Vina.

Hadja Maryama est inconsolable depuis le mercredi 6 janvier 2016. Son fils Aliou Garga, environ 28 ans, a été enlevé par quatre inconnus nuitamment, puis conduits à une destination inconnue.  Dans ce village d’éleveurs situé dans l’arrondissement de Ngan-Ha, les ravisseurs ont enlevé le frère du chef traditionnel. « En réalité, ils ciblaient le chef et le grand frère de Aliou Garga.  Les deux adultes, un peu fortunés, n’étaient pas sur place. C’est pourquoi au lieu de rentrer bras ballants, ils ont opté enlever les deux jeunes », explique une source proche de la famille.

Dans leurs butins, il n’y a pas que des hommes. Des vivres aussi.  « Ils ont pris tout le stock de nourriture que la famille avait dans son grenier. Vous savez que chez bous les sahéliens, chaque famille a toujours de la nourriture stockée dans un grenier. Ils ont pris les vivres et ont demandé à leurs otages de les porter. Je crains que ces enfants crèvent en route. Ils ne sont pas habitués à porter de telles charges », s’inquiète notre informateur.

Même si en l’état actuel, nous ne savons pas ce qui est réclamée comme rançon, il est de fortes chances que ce soit beaucoup de millions Fcfa.  Du moins, si on s’en tient à la pratique depuis que ce phénomène semble s’installer dans cette région. Et en général, si les rançons ne sont pas payées à temps, les otages sont exécutés froidement. Les parents sont obligés dans le cas d’espèce de vendre leurs bétails pour verser la rançon. « Les ravisseurs ciblent toujours les éleveurs, car ils ont les moyens pour payer la rançon », analyse un militaire.

Le phénomène a donc atteint une quotte d’alerte. Les ravisseurs sévissent dans la Vina, dans le Mberé, dans le Djerem avec un courage fort inquiétant. Ils sont armés, téméraires et sans pitié sur la vie humaine. Ils commettent leurs forfaits partout et visiblement très renseignés. Les populations impuissantes fuient les villages. Les réactions des forces de l’ordre sont timides. « La population ne fait pas confiance aux autorités administratives, ni aux forces de l’ordre. Elles sont accusées de lenteurs, et de corruption. Lorsque vous vous plaignez ou dénoncez, on s’en prend à vous », croit savoir un habitant de l’arrondissement de Belel.

Conséquence, l’économie locale tourne au ralenti. Les bergeries sont désertées. Les champs aussi. Si rien n’est fait, eh bien la région de l’Adamaoua peut emboiter le pas à l’Extrême-Nord. Car, pour plusieurs chercheurs, ces bandits viennent de la Rca et tâtent le terrain et si la réaction des forces de l’ordre reste timide, ils vont passer à une vitesse supérieure.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz