Cameroun – Emeutes de février 2008 : La Belgique saisit le Ministre de la Justice pour dénoncer cinq incarcérations abusives

Jeunes encore en prison apres les emeutes de fev 2008 au Cameroun | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
Jeunes encore en prison apres les emeutes de fev 2008 au Cameroun | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

Dans une correspondance dont CAMERPOST a reçu copie ce mercredi 6 avril 2016, le Mouvement de février 2008 au Cameroun, association basée en Belgique interpelle Laurent Esso, Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux au Cameroun. En objet, on peut lire : « Requête aux fins d’informations sur l’incarcération abusive de cinq Camerounais à la prison centrale de Dschang depuis la fin des émeutes de février 2008 ». Le mouvement sollicite l’attention de l’autorité sur le cas des nommés Donfack Yanick Romain, Fomete Kenfack William Stephane, Tsafack Eric, Noumbo Bertrand, et Tsafack Jean Pierre, dont l’association aimerait avoir une idée des actions entreprises par le Ministre de la Justice pour leur libération.

Les rédacteurs de la correspondance affirment qu’il ressort de la demande d’intervention qui leur a été adressée, des faits d’une gravité extrême ayant privé les citoyens cités plus haut de liberté accompagnés de tortures. En effet, pendant le mouvement populaire ayant secoué le Cameroun en Février 2008, plusieurs jeunes furent arrêtés et incarcérés un peu partout dans la République. Peu de temps après, le Président de la République signa un Décret pour les amnistier et demander leur remise en liberté. Plusieurs bénéficièrent de cette mesure à l’exception des nommés Donfack Yanick Romain, Fomete Kenfack William Stephane, Tsafack Eric, Noumbo Bertrand, et Tsafack Jean Pierre, qui croupissent toujours à la prison centrale de Dschang jusqu’à ce jour.

Non respect des textes

« Notre incompréhension est grande face à cette  souffrance infligée à ces jeunes depuis plus de huit ans alors qu’ils auraient pu comme leur camarades bénéficier de cette mesure du chef de l’État. Ce décret ne s’appliquait-il pas à tous ces jeunes arrêtés pendant ce mouvement d’humeur ? », s’interroge Marcel Tchangue, Administrateur du Mouvement de Février 2008. « C’est en votre qualité de Ministre de la justice que nous vous interpellons afin que vous puissiez vous saisir de cette situation et qu’une issue très rapide pour ces jeunes en souffrance soit trouvée », peut-on lire.

La note informe de ce que l’éternel recommencement des procès des jeunes prisonniers a eu lieu lundi 19 Octobre 2015 au Tribunal Militaire de Bafoussam à 8h. A en croire les plaignants, à nos jours, ils ont déjà fait plus de six (06) mois de détention alors que l’article 221 (1) du code de procédure pénal Camerounais dispose que la durée de la détention provisoire est fixée par le juge d’instruction dans le mandat, elle ne peut excéder six (06) mois. Toutefois, elle peut être prorogée par ordonnance motivée, au plus pour douze (12) mois en cas de crime et six (06) mois en cas de délit. « Que les dispositions de ce texte ont été violées par le Tribunal Militaire de Bafoussam. Que depuis 2008 jusqu’à nos jours ces malheureux victimes d’une justice inexistante sont toujours détenus à la prison principale de Dschang. Nous venons d’interpeller le ministre de la justice sur ce sujet », décrie Marcel Tchangue, Administrateur du Mouvement de Février 2008.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa