Cameroun : Les emballages plastiques toujours présent sur le marché

Les emballages plastiques toujours présent sur le marché | Illustration/DR
Les emballages plastiques toujours présent sur le marché | Illustration/DR

Annoncée depuis belle lurette, l’interdiction des emballages en matière plastique s’apparentait au fil des jours à un véritable serpent de mer, une de ces directives sans lendemain vite classées dans les oubliettes.

« Emballez vos marchandises moins chers… ». C’est le slogan des vendeurs ambulants qui sillonnent les artères de la capitale politique pour écouler leurs marchandises. Sacs accrochés autour du cou, bras surchargés, tête croulant sur le poids de leur fardeau. Grâce à cet accoutrement, ils ne passent pas inaperçus auprès de la clientèle constituée essentiellement des commerçants. Les prix varient selon la grosseur des plastiques. « Je suis un grossiste et je vends en gros à mes clients. Je livre un paquet de 10 emballages blancs à 2100 Fcfa, un paquet de petit noirs à 400 Fcfa et le paquet des moyens jaunes à rayure noire à 1500 Fcfa », déclare Seydou qui a choisi comme terrain de prédilection le marché Essos. Ce dernier explique que cette flambée de prix est due à la baisse de la production et une forte demande sur le marché depuis l’entrée en vigueur des textes. Ce qui n’est pas pour lui déplaire car cette interdiction lui a permis de tripler considérablement son chiffre d’affaires. « Grâce à ce business, je m’en sors vraiment et je gagne ma vie honnêtement », lance-t-il en riant. Pour ce qui est son chiffre d’affaires, il a préféré ne pas se prononcer.

Non loin de lui, se trouve Joseph Arnaud, qui fait aussi dans le même domaine. La différence est que ce dernier est un grossiste mobile. Sur son comptoir, on ne trouve aucune trace de son activité principale. Tomate et autres condiments se disputent la vedette sur son étal. Seuls ces clients fidèles sont au courant du subterfuge. « Je n’expose jamais ma marchandise de peur des représailles de la mairie. J’ai une clientèle fidèle qui vient me faire la recette discrètement » dit-il au reporter de Camerpost.

Au marché Acacia, le scénario est le même. Armand Ngono est un vendeur ambulant qui a décidé de miser sur la prudence pour s’en sortir. « Je ne m’installe plus comme avant parce que les autorités saisissent nos marchandises, je préfère me balader dans le marché pour vendre. Tous mes clients ont mon numéro de téléphone, lorsqu’ils sont à cours d’emballages ils m’appellent. La plupart du temps, je sillonne la marché et je propose mes articles aux femmes qui viennent faire le marché », affirme-t-il. En effet, depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté qui interdit la vente des emballages plastiques non-biodégrables, des opérations de saisie sont constamment effectuées dans les marchés, où ces marchandises sont saisies et brûlées. A la question de savoir qui leur fournis ces articles, ils ont préféré ne pas se prononcer. Vu la rareté de ces produits, les clientes sont prêtes à débourser  des sommes faramineuses pour entrer en possession de ce précieux sésame. « Lorsque tu achètes ton poisson, on refuse de l’emballer sous prétexte que les plastiques sont rares. Les caissières proposent des plastiques qu’elles disent recyclables au prix de 100 Fcfa au lieu de 50 Fcfa » lance avec mauvaise humeur Céline, en sortant d’une poissonnerie de la place. A la question de savoir qui les fournis ces articles, ils ont préféré taire le nom de leurs fournisseurs. L’annonce de la saisie d’emballages plastiques non-conformes sur le territoire camerounais, un an après l’entrée en vigueur des textes, force à poser deux constats. Le premier : les emballages plastiques de moins de 61 microns continuent de circuler, malgré l’interdiction en vigueur. Le deuxième : le problème de la contrebande qui déverse encore d’énormes quantités de plastiques non-conformes persiste. Les emballages non-autorisés saisis à Douala le 10 avril 2015, venaient de franchir les frontières du Sud-Ouest du pays. Preuve que les mesures de contrôle à ces niveaux devraient être renforcées pour rassurer et calmer les industries locales qui crient à la concurrence déloyale. Outre le phénomène de la contrebande qui a la peau dure, il y a la faible production d’emballages plastiques conformes au niveau local.

© CAMERPOST par Germaine Lambo

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