Cameroun – Election régionale au Sdf : Jean Michel Nintcheu réélu dans le Littoral

Jean Michel Nintcheu, député SDF | Ph. Archives
Jean Michel Nintcheu, député SDF | Ph. Archives

Les trois autres challengers, Célestin Njamen, Ndangle Kumase et Elimbi Lobè ont désisté dès l’entame du vote dimanche 16 octobre 2016.

Des militants surexcités entourent Jean Michel Nintcheu. Ils l’applaudissent et le congratulent. Ils scandent en choeur : « Prési, prési, prési !!! ». On entend aussi des phrases du genre « Parlez encore », « Ils sont où maintenant ? ». Tous ces manifestants expriment ainsi leur joie après la réélection de Jean Michel Nintcheu au poste de président du bureau régional du Social Democratic Front (SDF) dans la région du Littoral.

Le candidat sortant a remporté les élections lors de la conférence élective régionale dimanche 16 octobre 2016 à Douala. Les trois autres challengers à savoir Elimbi Lobè, Célestin Njamen et John Ndangle Kumase ont désisté dès l’entame du vote. La commission du National Executive Committee (NEC) a donc décidé de mettre en mouvement le mécanisme statutaire basé sur le vote par résolution, a fait savoir un cadre de ce parti de l’opposition camerounaise. Jean Michel Nintcheu a ainsi été  reconduit dans ses fonctions.

Les 29 membres de son bureau aussi. Quelques mutations ont cependant été effectuées dans la liste. C’est le cas de François Djani. Il a quitté le poste d’adjoint à la communication pour rejoindre celui de secrétaire adjoint. D’après Jean Robert Wafo, ministre à la communication du « Shadow cabinet », le processus électoral a été transparent de bout en bout. « Le bureau régionale avec à sa tête Jean Michel Nintcheu a une fois de plus renforcé sa légitimité qui est désormais incontestable. En dépit du fait que ses adversaires ont battu en rase campagne pour un motif fallacieux.

La commission du NEC présidée par le sénateur Jean Tsomelou leur a fort opportunément rappelé que l’article 18-8 qui concerne les structures, ne saurait être confondu à l’article 8-2 qui concerne les militants. Que rien ne pouvait empêcher les membres du bureau sortant, notamment Jean Michel Nintcheu, à être candidat à sa propre succession », a –t-il indiqué.

Des éclats de voix

Mais le processus électoral ne s’est pas du tout déroulé dans le calme dimanche. Des hommes et des femmes ont pris d’assaut l’esplanade de la mairie de Douala 3ème  peu avant 11 h. Le calme ordinaire  qui règne en ces lieux les week-ends a laissé place à un chahut indescriptible. Très vite, la mobilisation a viré à une sorte de campagne électorale. Les militants vêtus de t-shirt et casquette aux couleurs vert et blanc, floqués du symbole du SDF se sont déployés à travers la grande cour.

Certains manifestants ont brandi des calendriers à l’effigie du candidat sortant, Jean Michel Nintcheu. Ledit calendrier conçu pour la circonstance était porteur d’un message pour rassembler le plus de voix. Jean Michel Nintcheu y est présenté comme « le choix de l’action ». Ces militants acquis à la cause de Nintcheu, tels des fans, ont agité ces calendriers devant les autres camarades provoquant quelques joutes verbales. Mais les militants acquis à la cause de Nintcheu n’ont pas cessé de le manifester à haute voix. On pouvait aussi lire leur détermination à soutenir sa candidature à travers des messages sur le dossard de leurs t-shirts.

Seules deux pancartes adossées au mur de la mairie ont appelé les militants à accorder leur voix au candidat Elimbi Lobé. Aucune affiche n’a été déployée sur le site par les candidats Kumase et Njamen. Le vote prévu à 10 h a finalement débuté autour de 15h, dimanche. Quelques 300 électeurs étaient attendus. Les trois challengers de Jean Michel Nintcheu ont plusieurs fois haussé le ton, intimant à la commission du NEC d’invalider la candidature du président sortant. Devant le silence de la commission, les candidats ont désisté. Mais ils ont voulu en venir aux mains, peu avant l’installation du bureau réélu.

Les forces de l’ordre ont formé un cordon de sécurité autour de la commission du Nec et des membres du nouveau bureau. Une rixe a pu être évitée.

Source : © Le Jour