Cameroun : Ekambi Brillant et Isidore Tamwo pour la relance de la CMC – 13/08/2014

L’un des pères fondateurs de la Cameroon music corporation (Cmc) et le président du syndicat des artistes musiciens du Cameroun, ont dévoilé, lundi 11 août 2014 à Douala, un plan de reprise des activités de cette société de gestion du droit d’auteur de l’art musical.

Ekambi Brillant, un des pères fondateurs de la Cameroon music corporation.
Ekambi Brillant, un des pères fondateurs de la Cameroon music corporation.

Après Moussa Haïssam qui a révélé sa part de vérité au sujet de l’enlisement de la gestion du droit d’auteur au Cameroun, au lendemain de la publication de l’ordonnance de la chambre administrative de la Cour suprême du mercredi 23 juillet 2014, laquelle a jugé l’appel formulé par le ministère des Arts et de la culture recevable en la forme pas justifié dans le fond (Voir Le Messager n°4133 du lundi 4 août 2014), deux vieux briscards de la musique camerounaise sont entrés en scène. Lundi 11 août 2014, Ekambi Brillant et Isidore Tamwo ont pris le taureau par les cornes en sonnant le tocsin de la mobilisation, de la solidarité et d’un plan de redécollage de la Cmc à qui la Cour suprême a donné raison au détriment de la ministre Ama Tutu Muna.

Pour l’officier de l’ordre national de la valeur à titre exceptionnel, «il faut remettre la Cmc dans ses droits, dans la légalité républicaine. La Socam a été créée dans des conditions floues et aujourd’hui, elle a montré ses limites et n’existe plus. La Cmc a passé plusieurs contrats avec des partenaires de gros calibres. Ces contrats sont mis entre parenthèse du fait de l’existence illégale de la Socam venu brouiller le paysage de la gestion du droit d’auteur. Et les artistes musiciens trinquent. La Cmc doit être remise sur pied. C’est pour cela que j’appelle les artistes musiciens à une concertation à l’effet de convoquer une Assemblée générale. Avant cela, il faut recenser, sensibiliser mes collègues artistes sur la question pour enfin déboucher sur les états généraux de la musique. Cette Ag que j’appelle de tous les vœux devra remettre les organes dirigeants de la Cmc en place, revoir les statuts. L’on devrait passer du scrutin de liste au scrutin uninominal par collège (éditeur, producteur, auteur, compositeur, Ndlr) pour permettre ainsi au président du conseil d’administration d’être élu par le conseil».

Sortir de la crise

Dans la foulée de ce vaste programme de relance, Ekambi Brillant suggère la mise sur pied d’une société de gestion collective des droits voisins du droit d’auteur et envisage une rencontre avec le Premier ministre à l’effet de lui demander de modifier le décret d’application de la loi 2000 dans le but d’asseoir la transparence. Pour Isidore Tamwo artiste musicien, président national du syndicat des artistes musiciens du Cameroun (Samca) «j’ai découvert après consultations des documents probants que les accusations formulées à l’encontre de Sam Mbendè au sujet du détournement de 100 millions Fcfa, ne sont pas fondées. La somme querellée était incluse dans la dernière répartition de la Cmc à hauteur de 125 millions Fcfa. Suite aux dernières ordonnances de la Cour suprême qui donnent raison à la Cmc. Pour sortir de la crise qui secoue le droit d’auteur au Cameroun, je propose que la Cmc soit rétablie dans ses droits car son actif fait foi plus que celui de la Socam en faillite. En outre, au plan international, la Cmc a des accords de réciprocité ce qui va permettre aux artistes de percevoir leurs droits à l’international. Il faut engager une campagne de sensibilisation et d’explication des artistes en prélude à la tenue de l’assemblée générale. J’invite mes anciens collègues et les plus jeunes à suivre cette voie que nous traçons aujourd’hui sans exclure personne. Tous les artistes musiciens seront sensibilisés à travers les délégués du Samca des 10 régions du pays».

Cette sortie des icônes de la musique camerounaise va-t-elle ramener la sérénité dans les rangs des artistes, laminés par une vie de clochards et dupés par des quidams qui ont fait main basse sur la gestion du droit d’auteur au Cameroun ?

Source : © Le Messager

Par Alain NJIPOU