Cameroun – Économie locale : les bonnes affaires autour du bac sur la Sanaga à Batchenga

Les bonnes affaires autour du bac sur la Sanaga à Batchenga | Ph. La Voix Du paysan / ILLUSTRATION

La remise en service du bac sur la Sanaga au niveau de Batchenga est venue apporter une bouffée d’air frais aux nombreux commerçants du coin particulièrement à ceux qui sont installé  sur les berges du fleuve Sanaga au lieu-dit Guérima à deux heures de route au nord de la ville de Yaoundé. Le bac, un point de forte affluence est propice aux affaires. Ce bac est installé à 11 km de la capitale du département du Mbam et Kim, Ntui qui est une ville coloniale. Les populations estimées à 28 000 habitants sur une superficie 1 300km2.

Les activités

Le département du Mbam et Kim est une riche localité agricole située dans la région du centre du Cameroun. Pour acheminer les produits vers les villes, le fleuve est traversé par le bac à Natchigal. Sur l’une des rives côté Ntui, les commerçantes étalent et vendent des produits agricoles issus des champs locaux. Contrairement à ce que peuvent penser, beaucoup estimant que nous sommes en campagne, les tubercules, la banane douce, banane plantain et ignames entre autres ne sont pas moins chers. Mathieu Wanda a fait des achats, lors de son passage « Je croyais avoir fait de bonnes affaires en achetant des ignames pour 2000 francs.  Mais, revenu à Yaoundé mon épouse s’est moquée de moi. Elle estime que dans les marchés de la capitale ce serait la même quantité pour le même prix, peut-être mieux. Et avec le transport et toutes les peines, c’est du gâchis » a-t-il déclaré. Une situation confirmée par une commerçante qui vend de la banane plantain « Nous vendons nos produits selon le visage du client. Ce sont généralement des citadins qui achètent et du coup, c’est une possibilité de surévaluer les produits. Bien sûr, nos prix ne rivalisent pas avec ceux d’une ville comme  Bafia dans l’autre Mbam et Inoubou. On s’en sort en tout cas », relève t-elle dans en souriant.

L’autre opportunité, c’est la vente de la boisson alcoolisée. La bière est surévaluée. A côté de la bière, du poison grillé avec des compléments comme le manioc, les bâtons de manioc.

Le transport

Armand est conducteur de moto taxi, depuis près de deux ans ici à Batchenga. Il a connu une activité au ralenti, lors de la panne du bac pendant sept mois. Pour lui à présent, le prix de la moto dépend de la distance à parcourir. Il est passible d’avoir des clients qui paient 2, 4, 5 ou 10 000 francs pour entrer dans la brousse car des gens ont crée des plantations dans la grande forêt du Mbam où des voitures n’y accèdent pas.

La longue panne du bac a permis aux propriétaires des pirogues à moteur de faire beaucoup des gains. C’est 500 francs en présence du bac pour traverser le fleuve. Lors de la panne de 7 mois du bac, courant 2016, le prix a été revu à la hausse. De même, l’activité des transporteurs sur pirogue, reste ininterrompue quand le bac cesse ses navettes journalières dès 18h30.

Passer par ici, c’est le chemin le plus rapide pour arriver dans les régions septentrionales du pays faiblement nantis en voies de communication sur route. Il n’existe en effet, aucune voie directe par route pour s’y rendre. Arriver dans l’Adamaoua première région du septentrion partant du sud, c’est la croix et la bannière. Il existe seulement des voies de contournement. Et, la route allant de Yaoundé passant par Batchinga et le bac de Natchigal, c’est 90 kilomètres.

© CAMERPOST par Augustin TACHAM

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz