Cameroun : Dur, dur, la saison sèche

Dur, dur, la saison sèche | Illustration/DR
Dur, dur, la saison sèche | Illustration/DR

« Il fait chaud. On se croirait dans un four… » En cette dernière décade du mois de février 2016, la remarque est valable à Douala, Limbé, Tibati, Garoua ou Maroua. L’homme qui lance cette complainte habite Yaoundé au quartier Obobogo.

Torse nu sous la véranda de sa maison, il transpire à grosses gouttes, malgré l’éventail en carton qu’il balance de part et d’autre de son visage bouffi…

Rude est la saison sèche. La capitale du Cameroun s’ébroue dans une brume de poussière. L’air est pesant et brûlant sous le soleil. Pendant la nuit, la chaleur persiste et l’atmosphère ne se rafraîchit qu’au petit matin. Les pénuries d’eau se font plus importantes. On le ressent par des coupures plus longues et plus régulières dans le réseau d’eau potable. Les robinets sont de plus en plus secs. Les puits aussi… Les populations souffrent tous de cette canicule et de cette pénurie d’eau. Mais plus encore celles dont l’activité professionnelle en consomme le précieux liquide en grande quantité. Sur la Nouvelle route Bastos, les horticulteurs arrosent abondamment leurs plants deux fois par jour, sans réussir à leur rendre leur verdure habituelle.

Curieuse époque ! A se fier au calendrier des saisons, rien d’anormal. Dans le sud forestier du Cameroun qui en compte quatre, l’on est en grande saison sèche. Celle-ci, en dehors de tout désordre climatique, est censée s’achever en mi-mars. L’écart cette année vient de ce que la pluviométrie est quasi nulle depuis le début, en mi-novembre, de la saison actuelle. Une vieille dame qui cultive du manioc, en association avec d’autres plantules, dans une parcelle à Ahala, au sud de Yaoundé, constate qu’il n’est tombé, cette année, ni la pluie de Noël, ni la « pluie des mangues ».

En zone rurale, c’est le désarroi chez les paysans. Sans une goutte d’eau, dans les villages forestiers, la récolte des arachides a été très laborieuse en fin novembre – début décembre. Il fallait gratter à la houe le sol endurci pour extraire les gousses. Dans les cacaoyères, de jeunes plants se dessèchent comme brûlés par le soleil. Les feuilles mortes craquent sous les bottes. Il suffit d’une étincelle pour que parte l’incendie. De nombreux paysans voient ainsi partir leur verger en fumée…

Dans la partie septentrionale du pays, zone de prédilection de l’élevage, la maigreur des bêtes n’est pas sans rappeler le rêve du pharaon annonciateur des années de famine, dans la Genèse. Or la saison sèche ici dure parfois jusqu’à neuf mois et plus dans le septentrion. Au cours de cette longue période, de nombreuses bêtes meurent de faim et de soif. Rien que pour l’Adamaoua, ces pertes ont touché 47 000 têtes de bétail, l’année dernière, selon le décompte des services vétérinaires. Qu’en sera-t-il cette année ?

Cameroon Tribune, dans le présent focus, sonde le terrain de la sécheresse, à travers reportages et interviews. A des degrés divers, cette rigueur du climat se ressent partout au Cameroun. Avec des effets néfastes sur l’agriculture, l’environnement et la santé.

Source : © Cameroon Tribune

Par MONDA BAKOA

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