Cameroun – Droits humains à Touboro : Le REDHAC interpelle le gouvernement

Maximilienne Ngo Mbe, la directrice executive du REDHAC | Crédit photo : © Hurinews
Maximilienne Ngo Mbe, la directrice executive du REDHAC | Crédit photo : © Hurinews

Dans un communiqué de presse signé ce jeudi 3 mars 2016, le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) condamne fermement l’acharnement judiciaire contre Célestin Yandal, président du Collectif des jeunes de Touboro (une localité située dans le Nord du Cameroun précisément dans le département du Mayo-Rey) et défenseur des droits humains.

Ce dernier, selon le REDHAC, est victime d’un acharnement judiciaire lié à son travail pacifique pour la promotion et la défense des droits des communautés locales au Cameroun. Un fait qui n’est pas au goût du réseau en question. Dans sa note, le REDHAC appelle autorités judiciaires de Touboro à annuler le procès qui s’ouvre le 17 mars 2016 et assurer que Célestin Yandal, défenseur des droits humains puisse mener à bien son travail légitime et pacifique en faveur des droits humains sans craindre ni restrictions ni représailles, y compris l’acharnement judiciaire.

Le mouvement demande instamment au gouvernement du Cameroun d’assurer que le deuxième procès intenté par le Lamido de Rey Bouba contre Célestin Yandal soit immédiatement annulé sans condition en abandonnant toutes les charges portées contre lui; de cesser tout harcèlement judiciaire contre le concerné et les militants du Collectif des Jeunes de Touboro; de veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains au pays, menant leurs activités légitimes de défense des droits de l’homme, soient en mesure d’opérer sans restrictions ni représailles, y compris le harcèlement judiciaire.

Rappel des faits

On se souvient que le 23 novembre 2013, le sieur Yandal a été placé en détention dans les locaux de la gendarmerie de Ngaoundéré, où il croyait se rendre pour une rencontre privée avec l’un de ses proches qui travaille à la gendarmerie. « Sur les conseils d’un gendarme en civil rencontré quelques heures plus tôt. Le citoyen rentrait d’un déplacement à Douala où il s’était entretenu le 19 novembre avec des membres du Réseau de défenseurs des droits humains de l’Afrique centrale à propos de violations subies par plusieurs jeunes de Touboro de la part du Lamido de Rey Bouba, second vice-président du Sénat camerounais », peut-on lire dans le communiqué sus évoqué qui indique que « ce dernier avait en effet ordonné aux autorités locales, et notamment au procureur de la République de  Tcholliré, l’arrestation de quatorze jeunes de cette localité pour troubles à l’ordre public à Touboro. Un de ses jeunes est mort en détention. Célestin Yandal a été incarcéré arbitrairement pendant 21 mois dont 16 mois passés à la prison Centrale de Garoua, 5 mois à la prison Centrale de Tcholliré dans le Nord d du Cameroun ».

Il a été libéré le 17 septembre 2015 grâce à la mobilisation de plusieurs associations de Défense des Droits des Défenseurs. Même s’il demeure préoccupé par le procès annoncé dans quelques jours où il répondra devant le Tribunal de Première Instance de Tchollliré des chefs d’accusation ci-après : complicité de coups et blessures légères sur M. Issa Barban, un Dogari (homme de mains) du Lamido de Rey Bouba. Le jeune défenseur a de tout temps, dit-on, œuvré à mettre fin à la collecte illégale mise en place depuis les décennies par le Lamido du Rey Bouba via ses hommes de mains.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa