Cameroun – Droits de l’homme : Amnesty international lance une alerte générale sur les attaques contre les libertés en Afrique

Salil Shetty est  à la tête du mouvement mondial de défense des droits humains | © REUTERS/Tomas Bravo
Salil Shetty est à la tête du mouvement mondial de défense des droits humains | © REUTERS/Tomas Bravo

Dans son rapport annuel 2015/2016 dont la quintessence se trouve dans un communiqué de presse publié ce mercredi 24 février 2016, Amnesty international est en colère. « Vos droits sont en danger », alerte ce mouvement face aux attaques contre les libertés en Afrique en particulier et dans le monde entier en général.

Selon l’organisation, de nombreux Etats ont violé de manière éhontée le droit international et sont en train de porter délibérément des coups aux institutions créées pour protéger les droits humains. Salil Shetty, à la tête du mouvement mondial de défense des droits humains, lance un cri d’alarme : « ce sont nos seulement nos droits qui sont menacés, mais aussi les lois et le système qui les protègent. Les droits sont traités avec un mépris total par un grand nombre d’Etats», peut-on lire dans le communiqué parvenu à Camerpost.

Le rapport annuel fait état de ce qu’au cours de l’année 2015, plus de 98 pays ont pratiqué la torture ou d’autres mauvais traitements, et 30 au moins ont forcé illégalement des réfugiés à retourner dans un pays où ils étaient en danger. Dans 18 pays au moins, des crimes de guerre et d’autres violations des « lois de la guerre » ont été commis par le gouvernement ou par des groupes armés. Ce qui fait dire à Amnesty que des millions de personnes subissent d’immenses souffrances aux mains des Etats et des groupes armés, tandis que, dans une démarche sans vergogne, des gouvernements veulent faire passer la protection des droits humains pour une menace contre la sécurité, la loi et l’ordre, ou les “valeurs” nationales.

Parmi les pays indexés par les atrocités, sont cités l’Angola, le Burundi, l’Arabie Saoudite, la Chine, l’Egypte, les Etats-Unis d’Amérique, la Gambie, la Hongrie, le Kenya, et bien d’autres. La liste étant loin d’être exhaustive. Dans le cas du Kenya, Amnesty établit que le pays s’est rendu coupable d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées et de discriminations contre les réfugiés dans le cadre de ses opérations de « lutte contre le terrorisme » ; il a tenté d’affaiblir la Cour pénale internationale et sa capacité à rendre justice.

Les Nations unies à bout de souffle

Dans le même sillage, le rapport annuel souligne que les Nations unies et leurs différents organes de protection des droits humains et des réfugiés ont gravement souffert en 2015 de l’hostilité et de la négligence de gouvernements récalcitrants. « Créée pour “préserver les générations futures du fléau de la guerre” et “proclamer à nouveau [la] foi dans les droits fondamentaux de l’homme”, l’organisation est confrontée à d’énormes défis qui la rendent plus vulnérable que jamais », a ajouté Salil Shetty. En outre, not- t-il, de nombreux Etats ont volontairement entravé l’action des Nations unies visant à prévenir les atrocités de masse ou à amener les responsables de tels agissements à rendre compte de leurs actes, et ont rejeté ses recommandations en faveur de l’amélioration de la situation des droits humains au niveau national – ou bien n’ont tenu aucun compte de ces recommandations. Par conséquent, Amnesty international appelle les Etats membres et le Conseil de sécurité de l’Onu à faire preuve d’une réflexion courageuse pour avancer dans le sens des réformes, en commençant par la manière dont ils choisiront le prochain secrétaire général.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa