Cameroun – Droits d’auteurs : Isidore Modjo reclame plus de 50 millions de fcfa à la CRTV

Isidore Modjo reclame plus de 50 millions de fcfa à la CRTV | DR
Isidore Modjo reclame plus de 50 millions de fcfa à la CRTV | DR

Le célèbre réalisateur/producteur et promoteur des studios Karel a entamé un sit-in hier devant les bâtiments abritant le poste national. Auteur compositeur de trois œuvres qui servent de générique à plusieurs émissions à la chaine de radio à capitaux publics depuis plus de 10 ans, il exige le paiement de ses droits.

L’homme que le reporter du Messager rencontre l’après-midi ensoleillé du lundi 4 janvier 2016 au lieu-dit « Rue Foé » à Yaoundé, a l’air épuisé. Adossé sur une chaise avec coussin, il garde les yeux rivés sur l’écran de ses téléphones qu’il ne cesse de pianoter soit pour chercher un numéro et émettre un appel, soit pour envoyer un message aux multiples correspondants qui l’assaillent à distance sans cesse. Il est si sollicité par ces nombreux appels qu’il oublie de siroter le contenu de la bouteille de jus de fruit glacé qu’il tient entre ses mains, enveloppé dans une pochette jetable.

Lorsqu’il décroche son téléphone, c’est en partie pour faire le point de sa dure journée passée devant les bâtiments du Poste national de la Crtv. « Je ne peux pas laisser prospérer cette indifférence qu’ils ont à mon endroit. Il faut qu’ils me payent mes droits ; je les mérite ; c’est une œuvre de l’esprit et j’en suis le dépositaire », répond-t-il presque machinalement à chacun de ses interlocuteurs au rang desquels certains de ses confrères, ses cadets dans la profession ou des camarades d’infortune qui tentent de l’encourager dans sa démarche.

Habillage officiel

C’est que Isidore Modjo a entamé hier un sit-in qui a duré six bonnes heures. Bravant la canicule, la faim et la soif, ce réalisateur et producteur du film « l’héritier », objet de toutes les railleries depuis 20 ans qu’il revendique ses droits, exige d’Amadou Vamoulke, le directeur général de la Crtv, le paiement d’au moins 50 millions de Fcfa représentant les droits d’exploitation symbolique de ses œuvres à l’instar des génériques d’entrée et de sortie des grandes émissions radiophoniques comme : « Cameroun Calling », « Cameroun Safari », le journal parlé et bien autres. Des génériques qui, au fil du temps, sont devenus l’habillage officiel de la chaine de radio à capitaux publics. Trois ans après de nombreuses correspondances doublées d’une pléthore de préavis de grève qu’il a pris le soin d’adresser au Dg de la Crtv, le père des « Emeraudes » a décidé de passer à l’acte pour exprimer son courroux, son ras-le-bol et toute son exaspération vis-à-vis de ses « bourreaux ». Il entend d’ailleurs continuer ce sit-in tous les lundis au même endroit jusqu’à ce que cette injustice soit réparée.

« J’ai opté pour une démarche pacifique parce que je suis un patriote. Tout ce que je demande c’est que le Dg de la Crtv soit de bonne foi et me reverse au moins une avance d’au moins 50 millions de Fcfa car, si j’exigeais de lui la totalité de mes droits depuis 20 ans que mes œuvres sont exploitées, j’ai bien peur qu’il n’en soit pas capable », explique Isidore Modjo. Un postulat que plusieurs experts en matière du droit d’auteur partagent entièrement. S’appuyant surtout sur la régularité de ses chansons qui lui valent en terme d’exploitation un sérieux pactole. Il y’a quelques années, apprend-on, la Crtv a voulu reverser lesdits droits dans une société de gestion collective de droits d’auteur. Or, la Loi de 2000 en la matière dispose que l’exploitation d’une œuvre induit payement à son auteur. Des dispositions légales visiblement foulés au pied par la Crtv.

Conférence de presse

Joint au téléphone hier soir, Amadou Vamoulke est resté de marbre. Motus et bouche cousue sur le sujet. Isidore Modjo est un artiste à plusieurs casquettes, après des apparitions dans « la déchirure » d’Alphonse Beni, il passe derrière la caméra. C’est avec le film « Emeraudes » qu’il a brillé comme réalisateur mais aussi en initiant une série de films issus de son studio Karel situé à Essos. Pour mieux édifier la presse nationale et internationale sur ce sujet brûlant, le gréviste convie les Hommes de médias à une conférence de presse qu’il donne ce mercredi à l’hôtel Jouvence 2000 sis au quartier Fouda à partir de 9h.

Source : © Le Messager

Par Christian TCHAPMI

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz