Cameroun : Le droit à l’éducation des peuples autochtones réclamé

Le droit à l’éducation des peuples autochtones réclamé | © AFP / DESIREY MINKOH
Le droit à l’éducation des peuples autochtones réclamé | © AFP / DESIREY MINKOH

A l’occasion de l’édition 2016 de la Journée internationale des peuples autochtones qui va être célébrée le 9 août 2016, la thématique choisie est désormais connue. « Le droit à l’éducation des peuples autochtones », ainsi en a décidé les Nations Unies. Au Cameroun, ce thème est déjà salué par la cible quand on sait que les peuples autochtones particulièrement les Pygmées et les Bororos se plaignent.

Lors du travail que mène CAMERPOST à ce sujet, nous avons appris que les débats aujourd’hui au sein de la société civile camerounaise tournent autour des actions  à mener pour inciter le gouvernement à mettre en place des mécanismes de défense des droits et des intérêts des Pygmées et des Bororos. Ceux-là même qui se disent marginalisés et surtout expropriés de leurs terres, sans indemnisations, au profit des grands projets dit-on structurants. Alors, en prélude à  cette journée internationale, les concernés soutenus par des associations appellent à une politique d’amélioration du cadre de vie et de revisiter le cadre juridique en matière de protection de leurs droits, afin de s’assurer qu’il répond efficacement à leurs besoins.

Par ailleurs, le thème de cette année vise à souligner l’importance du droit à l’éducation. Celui-ci est protégé par la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. L’article 14 précise que : « les peuples autochtones ont le droit d’établir et de contrôler leurs propres systèmes et établissements scolaires où l’enseignement est dispensé dans leur propre langue, d’une manière adaptée à leurs méthodes culturelles d’enseignement et d’apprentissage ». Ce droit est également protégé par la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Des protections qui valent leur pesant d’or vu qu’en dépit de tous ces instruments, le droit à l’éducation ne s’est pas pleinement concrétisé pour beaucoup de peuples autochtones, entraînant un fossé majeur avec le reste de la population. « Lorsqu’elles sont disponibles, les données montrent des disparités constantes et persistantes entre les peuples autochtones et non autochtones en termes d’accès à l’éducation, de fréquentation et de réussite scolaire dans toutes les régions du monde », soulignent des acteurs de la société civiles qui ajoutent : « le secteur de l’éducation reflète non seulement les abus, les discriminations et la marginalisation dont les peuples autochtones ont historiquement souffert, mais il reflète également une lutte permanente pour l’égalité et le respect de leurs droits en tant que peuples et individus ».

© CAMERPOST par Linda Mbiapa