Cameroun – Drame ferroviaire d’Eseka : La France exprime son «entière solidarité» au Cameroun après un grave accident de train

Jean-Marc Ayrault, ministre français en charge des Affaires étrangères. Credit photo © Emmanuel Makundi/RFI
Jean-Marc Ayrault, ministre français en charge des Affaires étrangères. Credit photo © Emmanuel Makundi/RFI

Le ministre français en charge des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a exprimé «la pleine et entière solidarité» de son pays, «qui se tient aux côtés du Cameroun» au lendemain d’un grave accident ferroviaire survenu vendredi dernier en gare d’Eséka, sur la voie reliant Yaoundé à Douala, les métropoles politique et économique et qui au dernier bilan faisait état d’au moins 75 morts et plus de 600 blessés.

«Mes pensées vont aux victimes de ce terrible événement, ainsi qu’à leurs familles et à leurs proches», peut-on lire dans la déclaration publiée à cet effet et qui précise qu’une victime française est à déplorer, l’ambassade et les services consulaires hexagonaux étant par ailleurs «entièrement mobilisés» pour la circonstance.

Face au flou entretenu autour du nombre et de la nationalité des victimes, qui pourrait s’alourdir selon des indiscrétions l’ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibault, a en outre communiqué un numéro de téléphone appelant à «signaler la présence possible de Français» parmi les morts ou les blessés.

Localement, la gestion de cette catastrophe par les pouvoirs publics fait l’objet de vives controverses au sein de l’opinion publique.

C’est ainsi que la dynamique Orange, une plateforme regroupant 29 organisations politiques et de la société civile, a réaffirmé son inquiétude quant à «la perpétuation de la posture criminelle du régime de Yaoundé, qui manifestement joue avec la vie des Camerounais».

Ce mouvement constate, «avec désarroi», que la seule vraie communication gouvernementale au sujet du déraillement de Makak reste les «les hautes instructions du président de la République», lui-même «invisible» et ce alors que, «en lieu et place d’un dispositif de soutien pluriel aux victimes vivantes traumatisées, c’est plutôt une militarisation des lieux avec les forces spéciales que l’on voit».

La dynamique Orange a annoncé des «mesures citoyennes» sur le sujet, qui vont de la saisine des juridictions nationales et internationales pour délits et crimes afin que toutes les responsabilités soient établies, à une action judiciaire contre le groupe français Bolloré, concessionnaire du chemin de fer camerounais «et ses complices».

Et, pendant qu’elle annonce aussi la mise en place d’une plateforme d’action citoyenne essentiellement dédiée à cette cause, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC, opposition) exhorte les autorités sanitaires et toutes les administrations en charge de l’aide aux sinistrés à «mettre en œuvre les mêmes moyens et la même diligence déployés lors des évacuations sanitaires, généralement accordées aux privilégiés du régime, pour assister les compatriotes actuellement blessés».

Exigeant l’ouverture d’une enquête sur les circonstances exactes du drame d’Eséka, sur sa gestion par les services spécialisés, notamment la Direction de la sécurité civile, la prise en charge des rescapés dans les hôpitaux ainsi que sur la gestion de l’argent des péages et des fonds routiers, ce parti demande que les conditions de la signature de la concession de la Cameroon Railways (CAMRAIL) à Bolloré et sa mise en application fassent l’objet d’un débat au Parlement.

Le MRC demande en outre au président de la République, absent depuis le 16 septembre dernier, «de rentrer au pays dans les plus brefs délais, faute de quoi il invite le Parlement à se réunir en urgence et à constater la vacance du pouvoir, puis à appliquer les dispositions pertinentes de la Constitution».

Le Cameroon People’s Party (CPP), pour sa part, constate que «le régime actuel n’a absolument aucun système d’intervention d’urgence», et annonce qu’il se joindra à d’autres partis politiques et organisations de la société civile pour prendre des mesures à l’égard de cet accident de train en particulier et de l’état de la nation en général.

On rappelle que l’accident de train d’Eséka a amené le chef de l’Etat à décréter une journée de deuil national pour lundi.

© CAMERPOST avec APA

  • On a comprit

  • Se à cause de la France k nous sommes toujours entre d’utilise les rails de 1908 comme notre sous sol les appartient désolé