Cameroun – Drame d’Eseka : polémique autour des indemnisations de Camrail

Des passagers évacuent le train de la Camrail après son accident le 21 octobre 2016 à Eseka, dans le nord du Cameroun
afp.com – STRINGER

“Est-ce qu’ils me rendront ma maman comme elle était avant?”, questionne Angèle, dont la mère est une rescapée de l’accident de train de la Camrail qui a fait au moins 79 morts et 600 blessés au Cameroun en octobre 2016.

Plus de huit mois après le drame d’Eseka, la maman d’Angèle, 78 ans, est en phase de rééducation, après une opération et d’interminables soins.

“Elle ne peut plus rien faire. Lors de l’accident, elle avait eu un déboîtement au dos. Ses pieds sont déformés”, raconte sa fille.

La compagnie ferroviaire Camrail, filiale locale du groupe Bolloré, dont la responsabilité dans l’accident a été établie par une enquête officielle, lui a fait une offre d’indemnisation, mais sa fille estime qu’elle “n’est pas convenable”.

Le 23 juin, Camrail a dénoncé “l’attitude et les pratiques de certains agents et collectifs d’avocats qui, agissant à des fins mercantiles, bloquent toute discussion d’indemnisation”, alors que la controverse enfle au Cameroun autour de cette question.

Le plus grand collectif d’avocats constitué pour défendre des victimes de l’accident de train a immédiatement réagi, indiquant que la compagnie ferroviaire “veut imposer une indemnisation représentant 9,4% de la réparation intégrale des rescapés et victimes”.

Composé de trois avocats camerounais entourés de plusieurs spécialistes, ce collectif s’occupe de 171 dossiers (neuf morts, 160 blessés et deux disparus).

Pour 54 dossiers traités, il a chiffré à 1,8 milliard de FCFA (2,7 millions d’euros) le montant des indemnisations, mais Camrail a fait une contre-proposition à 171 millions de FCFA (260.687 euros).

Selon Me Michel Voukeng, l’offre a été rejetée par les victimes, alors que le collectif dont il fait partie vient d’intenter un procès contre Camrail et d’autres reponsables, selon eux, du drame, dont l’industriel français Vincent Bolloré.

Le but? Les contraindre à communiquer les polices d’assurances couvrant l’activité du transporteur ferroviaire.

Lire sur : TV5 Monde

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