Cameroun – Dr Fatimatou Poumié : « Le Nguon sera configuré selon les standards internationaux » – 17/09/2014

A 47 jours de la 545ème édition des grandes journées traditionnelles et culturelles du peuple Bamoun, nous sommes allés à la rencontre de la représentante du Cerden (Cercle de réflexion pour le développement du Noun) chargé d’organiser, une fois de plus ce festival, pour en savoir davantage sur le niveau des préparatifs.

Dr Fatimatou Poumié , représentante du Cerden (Cercle de réflexion pour le développement du Noun).
Dr Fatimatou Poumié , représentante du Cerden (Cercle de réflexion pour le développement du Noun).

Nous sommes à moins deux mois de la tenue du festival Nguon, à quel niveau des préparatifs êtes-vous ?

Je crois que nous sommes au bon niveau. Je peux d’ailleurs vous rassurer que nous sommes au bon niveau. Tout se passe très bien. La semaine dernière, nous avons terrassé le site, l’eau et l’électricité y ont déjà été installées. Nous sommes à près de 90% de recrutement au niveau du sponsoring et actuellement, nous sommes au stade du dispatching. C’est beaucoup plus le marketing qui prend le dessus actuellement. Nous avons aussi déjà émis les billets d’invitation. Avec l’accord de convention que nous avons signé avec le ministère  des Arts et de la culture pour le parrainage de la ministre, il sera question, d’ici vendredi, qu’ils jettent un coup d’œil sur le programme pour donner leur ok ainsi que leur « BAD (Bon à distribuer) » avant que nous n’entamions la distribution des billets d’invitation. Revenant sur le site, nous travaillons avec Inter progress et d’autres professionnels. Chacun sait ce qu’il a à faire et c’est pourquoi je suis tranquille.

A vous entendre, on sent un engouement très élevé autour de ce festival cette année…

Effectivement. Nous sommes très fiers de ce festival. L’expérience de l’édition 2012 nous a permis de franchir certaines étapes dans notre organisation. Nous allons essayer de configurer ce festival aux standards internationaux. Nous sommes sur cette voie et tout est entrain de bien marcher. Nous voulons faire de ce festival, un lieu de brassage des différentes cultures. Cette année, nous avons comme invité d’honneur la Turquie qui a déjà donné son accord. Ils ont leur foire exposition cette semaine à Yaoundé. Nous allons y aller pour les rencontrer encore ; essayer de profiter plus de personnes sinon, nous avons déjà 43 entreprises Turcs qui viendront. Nous sommes contents.

Qu’apportent réellement ses Turcs dans le festival Nguon ?

Comme je disais tout à l’heure, le Nguon est un lieu de brassage de cultures et d’échanges. Vous savez que la Turquie en ce moment a le vent en poupe. On va faire cet échange économique, culturel, etc. Nous allons communier ensemble.

Vous avez parlé tout à l’heure de l’édition 2012 qui avait comme particularité, la célébration des 20 ans de règne du sultan, roi des Bamoun. Quel est le bilan que vous avez fait de cette édition là ?

Cette édition nous a permis de franchir un pallier important dans notre capacité et volonté d’organiser une manifestation festive sur les standards encore plus élevés que les années antérieures. Nous allons tout faire pour pallier à tous nos défauts de 2012. C’est pourquoi, je place cette édition sous le signe de : l’amélioration de ce qui a été fait en 2012.

On parle d’un festival qui fait la promotion de la culture du peuple Bamoun. Quel est le degré d’implication des enfants Bamoun, descendants de Charé, dans son organisation bien que vous intervenez d’une agence, responsable technique de cet événement ?

Les Bamoun sont très fiers de leur culture. C’est pourquoi, ils sont d’ailleurs très impliqués dans les préparatifs de ce festival. Ils participent vraiment comme il faut à la réussite de ce festival. A chaque fois qu’on fait appel à eux, ils écoutent, viennent et participent du mieux qu’ils peuvent.

Le thème choisit cette année par le comité d’organisation est : « Quel héritage allons-nous laisser à nos enfants ? » A votre niveau, qu’allez-vous laisser ?

Il faut pérenniser notre culture. En organisons le Nguon tel que nous le voulons, nous essayons de mettre en valeur tout ce qui est culture Bamoun parce que la culture est un héritage qui se transmet de père en fils. Si nous laissons cette culture se perdre, nos enfants n’auront rien. Nous avons une culture très riche de plus de 600 ans. Si nous la laissons en déperdition, les enfants ne sauront rien. Vous savez qu’aujourd’hui, il y a des enfants qui ne savent pas parler leur langue maternelle, ils sont perdus quand ils arrivent dans leur village au niveau de la culture. Ils ne parlent que le français ou une autre langue étrangère. En faisant un festival comme ça, on les replonge dans leur culture et leur tradition.

Au lendemain de l’édition 2012, vous avez dit vouloir « adapter le Nguon au contexte de la modernité ». N’avez-vous pas peur qu’en le faisant, cette culture que vous dites vouloir promouvoir disparaisse plutôt ?

Non ; il faut évoluer avec le temps. Nous n’allons pas demeurer à l’époque de la pierre taillée où l’on portait des cache-sexes. On ne va pas rester en autarcie. La culture et le temps sont parallèles. Il faut que les enfants sachent qu’à l’époque, voici comment les parents fonctionnaient et maintenant, voici ce qu’on fait ou on peut faire.

Pour finir, quel message pour les enfants du grand Noun à quelques jours du festival ?

Venez tous au Nguon. Le Nguon c’est pour tout le monde. Ensemble, nous pourrons célébrer notre culture en montrant au monde entier que nous avons une très belle culture.

© Camer Post – Entretien réalisé par : Frank William BATCHOU

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