Cameroun – Douala : les ex employés de CICAM dans la rue

Les ex employés de CICAM dans la rue | © LNE
Les ex employés de CICAM dans la rue | © LNE

Ces derniers une dizaine environs ont pris d’assaut l’entrée principale de cette entreprise située à Ndokoti pour dénoncer le non versement à la Cnps de leur allocation familiale évaluée à près d’un milliard et demi.

« Nous n’arrivons plus à nous soigner, Nos enfants ne vont plus à l’école. Mr le président de la république, sauver nous », « Retraités de la Cicam, deux ans de négociations sans suite avec la direction, maman Yao Aissatou viens à notre secours », « Manifestation urgente pour le paiement urgent de nos droits ». Voilà quelques messages qui se lisaient sur les nombreuses pancartes que brandissaient les ex employés de la Cicam à l’entrée de cette entreprise hier mardi 10 mai 2016 matin.

Mobilisés à l’entrée de cette entreprise para publique qui fait dans le domaine du textile depuis ce mardi matin aux environs de 8h, ces ex employés de la Cicam une dizaine environs exprimaient leur ras -le –bol.  Ils dénonçaient le non-paiement   à la Caisse nationale de la prévoyance sociale (Cnps) par la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam), des   allocations familiales pourtant prélevées sur leur salaire pendant qu’ils étaient en fonction.

Privés de cet argent qui leur revient de droit, ces ex employés la soixantaine dépassée pour la plupart refusent de vivre dans la galère. « Je suis incapable de me prendre en charge. Je ne peux pas me soigner paisiblement alors que j’ai passé mon temps à cotiser à la Cnps, il faut que l’administration de la Cicam me dise où sont passés ces cotisations. C’est sur cet argent que je comptais pour nourrir mes petits-enfants et pour les envoyer à l’école. Il faut qu’on nous reverse cela », affirme Jean Toche qui déclare avoir travaillé pendant 35ans dans cette entreprise. Celui qui réclame plus de 300 millions de francs cfa à la Cicam, déclare que les frais d’allocations familiales perçues entre 2012 et 2014 n’ont pas été versés.

Tout près de Jean Toche, Louis Ngatchou le porte-parole de ces grévistes, est encore plus nerveux. Il exige que des solutions soient rapidement trouvées à ce problème qui dure depuis plusieurs mois déjà. Si non, ils seront obligés de barricader la voie publique, de fermer l’accès de la Cicam, de saisir le président de la république, le Premier ministre et tous les hauts placés de la République du Cameroun. « J’ai travaillé à la Cicam comme contremaître principal au service de l’achat pendant 34ans. J’ai pris ma retraite en décembre 2014 et d’autres il y a deux ans. La Cicam a régulièrement prélevé nos pensions retraites mais on ne versait pas à la Cnps. Nous avons tenté de négocier avec le directeur des ressources humaines, le directeur financier de la boite, le directeur adjoint sans suite. C’est pourquoi nous avons décidé de descendre dans la rue », affirme Louis Ngatchou, l’un des ex employés de cette structure. Pour celui qui réclame près de 87 015 025 francs cfa à la Cicam comme frais d’allocation familiale perçus et non versés, il faut que la Cicam résolve rapidement ce problème. Selon des informations, c’est plus de trente ex-employés de la Cicam qui connaissent ce problème. « Certains de nos collègues ne sont pas encore là. Ils vont arriver d’un moment à l’autre. Nous sommes une trentaine », fait savoir Jean Toche

Pendant que le mouvement d’humeur se poursuivait, la police est intervenue pour calmer la situation. Les grévistes ont été invités à la table de négociation. Approché pour savoir la suite à donner à ce mouvement d’humeur, Tsafack Djoumessi le responsable des ressources humaines de Cicam, a tout simplement éconduit la presse.

 Pendant ces négociations apprend-on, les responsables de la Cicam ont promis régulariser la situation dans deux semaines. Les grévistes promettent revenir à la charge si ces closes ne sont pas respectées.

 Source : © La Nouvelle Expression

Par Hervé Villard Njiélé