Cameroun – Douala : Des camerounais chassent les centrafricains – 27/05/2014

Ils soupçonnent ces étrangers d’avoir orchestré la disparition de deux enfants au quartier Newtown aéroport 5.

Camp-de-refugiés-centrafricains
Réfugies centrafricains au Cameroun.

«J’étais au Hcr avec mes frères centrafricains hier (samedi 24 Mai 2014, ndlr). Certains avaient des blessures sur le corps. Ils m’ont dit qu’ils n’allaient plus jamais revenir dans ce quartier. Ils veulent rentrer en Centrafrique». Francis Dobe, la trentaine sonnée, lance ces paroles d’un ton triste. Ce dimanche 25 mai 2014, il est assis sur une chaise dans la cour de la chefferie du quartier Newtown aéroport 5 à Douala. «Certains jeunes badauds se sont armés de gourdins et sont allés attaquer des centrafricains dans leurs mini-cités vendredi 23 mai 2014. Pour se protéger, des centrafricains se sont réfugiés dans une église», explique Prince Benoît Noubissie, chef traditionnel du Sème degré du quartier Newtown aéroport 5. Prince Benoît explique que ces jeunes s’en prenaient ainsi à des centrafricains sous prétexte que ces derniers avaient enlevé deux enfants.

Les faits remontent au mercredi 21 mai 2014. Ce jour-là, deux enfants camerounais de sexe masculin et âgés de 4 ans sont-portés disparus. Des habitants du quartier soupçonnent une jeune femme centrafricaine d’être l’auteure de l’enlèvement. «Ils ont amené la’ femme ici dans la soirée du jeudi 22 mai. Je n’étais pas là. Mon fils m’a expliqué que la femme était nue. Des habitants voulaient en découdre avec elle. Ce sont des jeunes du comité de vigilance du quartier qui ont réussi à la mettre à l’abri dans ma maison », raconte Prince Benoît Noubissie qui précise que c’est le lendemain vendredi que des jeunes «badauds» du quartier sont partis attaquer des centrafricains en promettant de les tuer si les deux enfants n’étaient pas retrouvés. «Heureusement que les deux enfants ont été retrouvés samedi. Car même le samedi matin, des camerounais voulaient toujours nous tuer en pensant que nous étions complices», explique un jeune centrafricain.

Il a fallu l’intervention des policiers du commissariat de sécurité publique du 8ème arrondissement de Douala pour calmer la foule. «L’incident était tel que le consulat nous a envoyé deux émissaires pour s’enquérir de la situation. Heureusement que tout est revenu dans l’ordre. Depuis hier, je fais des tournées dans le quartier pour sensibiliser mes frères camerounais et centrafricains», affirme le chef du quartier Newtown aéroport 5. Prince Benoît Noubissie a d’ailleurs entamé une opération d’identification de la centaine de réfugiés centrafricains installés au quartier depuis le début de la crise centrafricaine. Au moment où nous quittions la chefferie dimanche 25 mai, une dizaine d’entre eux était venue se faire identifier.

Source : © Le Jour
Par Josiane Kouagheu

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