Cameroun : Douala a mal à ses logements

Douala a mal à ses logements | © CAMERPOST / Linda Mbiapa
Douala a mal à ses logements | © CAMERPOST / Linda Mbiapa

La question de la crise du logement vient d’être soulevée ce lundi 3 octobre 2016. Date de la Journée mondiale de l’Habitat 2016. Une occasion pour des observateurs avertis interrogés par CAMERPOST de relever que la crise du logement au Cameroun est réelle. Elle est même inquiétante. Du fait des revenus, beaucoup de personnes vivent dans des habitations précaires. Très peu peuvent s’offrir des maisons modernes avec tout le confort qu’il faut. Et lorsque l’Etat décide enfin de construire des logements « sociaux », ceux-ci sont destinés non pas à ceux qui sont dans le besoin, mais à ceux qui sont nantis.  A cela,  « il faut ajouter les pratiques maffieuses observées dans la gestion des logements  de la SIC. Créée afin de promouvoir le logement social pour les classes moyennes, la Société Immobilière du Cameroun (Sic), loue un appartement de deux pièces dans les immeubles à habitation collective à 24.000 FCFA par mois aux fonctionnaires camerounais », note Gildas Mouthé, journaliste et rédacteur en chef dans une de ses parutions dans l’Effort camerounais. Il ajoute qu’aux non fonctionnaires, la SIC «  multiplie le prix par deux, soit 48.000 F Cfa. Avec le phénomène de sous location, on se retrouve en train de louer le même appartement à plus de 60.000 F Cfa, alors qu’il ne peut même pas contenir une famille de 5 personnes. Le plus écœurant pour ce qui est de ces logements est que certains fonctionnaires qui parviennent à décrocher une habitation dans un camp Sic, la loue à des prix faramineux et migrent dans d’autres  quartiers, devenant ainsi bailleur d’un logement qu’ils n’ont pas construit ».

Constructions anarchiques

L’autre problème réside au niveau où la crise est tellement poussée au point que des citoyens en arrivent à construire sur des zones à risques, dans les drains, à proximité des rails ou des poteaux électriques. Le mal est grave et aucune solution satisfaisante ne pointe à l’horizon. Toutefois, rappelons que sur la recommandation de la Commission des établissements humains, l’Assemblée générale a décidé, en 1985, que le premier lundi d’octobre de chaque année serait la “Journée mondiale de l’Habitat” (résolution 40/202 A). La journée a été célébrée pour la première fois en 1986 pour marquer le dixième anniversaire de la première conférence internationale sur le sujet. UN-Habitat, a élaboré un plan modèle visant à combiner des politiques d’urbanisation judicieuses à des initiatives rurales axées sur le développement en vue d’aider à modifier le flux de demandeurs d’emplois vers les centres urbains.

Zéro Expulsion

Depuis 2005, en prolongement de la journée mondiale de l’habitat, l’Alliance Internationale des Habitants a lancé la campagne expulsion zéro ainsi que la journée mondiale expulsion zéro. Afin de réagir à l’augmentation des expulsions à travers le monde (15% de la population mondiale est menacée) pour les raisons suivantes: investissements étrangers dans les pays endettés, privatisations du secteur et la libéralisation du marché immobilier, nettoyages ethniques, occupations et guerres, spéculations humaines sur les désastres naturels. L’idée est de faire réagir l’ONU qui vise l’amélioration des conditions d’habitations de 100 millions de personnes d’ici à 2020, tandis que le risque de mal logés devrait augmenter lui aussi. L’Alliance Internationale des Habitants se base sur le droit de vivre en paix, en sécurité, avec dignité et pour un coût supportable.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa