Cameroun : Distribution à Ngaoundéré à 400 producteurs de fausses semences certifiées – 22/06/2015

Essimi Menye,  ministre de l’Agriculture et du Développement rural | Photo d'illustration/Archives
Essimi Menye, ministre de l’Agriculture et du Développement rural | Photo d’illustration/Archives

Les producteurs ont constaté qu’elles ne poussaient pas.

Au lendemain du lancement  de la saison agricole la délégation régionale ministère de l’Agriculture et du Développement rural, a distribué 10 tonnes de semences certifiées aux 400 producteurs dans le pôle de développement agricole dans la région de l’Adamaoua. Mais seulement, quelques jours après cette distribution des agriculteurs de la Vina ont commencés à se plaindre de la mauvaise qualité de ces semences et ils ont décidés d’exprimer leur désillusion. «Nous sommes une coopérative agricole qui fait son activité agricole dans le département de la Vina. Et récemment nous avons reçu des semences de maïs de la délégation régionale du Ministère de l’agriculture et du développement rural (Minader).

Nous avons constaté lors de la distribution que les sacs des semences n’étaient pas estampillés. Mais nous ne nous sommes pas posé des questions sur la qualité des produits», raconte un agriculteur qui a souhaité garder l’anonymat. Seulement, quelques jours après la mise sous terre desdites semences, les producteurs se rendent compte que des semences ne poussent pas. IEn essayant de faire une comparaison, ceux-ci découvrent aussi qu’il ne s’agit pas des semences améliorées. Tout de suite, les producteurs ont alerté leur chef qui à son tour à alerter le collectif des organisations de la société civile pour l’Adamaoua.

«Plusieurs agriculteurs sont venus nous expliquer le désarroi qu’ils vivent depuis quelques jours déjà. Et depuis nous ne savons par quel moyen les aider» relate Bienvenu Avom Sangon chef du projet de surveillance des produits agricole dans l’Adamaoua. Contacté par nos soins, le délégué de du Minader pour l’Adamaoua considère ses allégations comme du sabotage. «Nous travaillons en collaboration. Mais s’il y a un problème, ils devaient venir vers nous pour qu’ensemble nous essayions de voir à quel niveau se situe le problème. Il y a pourtant des gens qui reçoivent en ce moment leurs semences. Comment peuvent-ils dire qu’ils ont reçu des fausses semences», s’insurge Issa Minista. L’initiative qui en réalité devrait contribuer à la lutte contre l’insécurité alimentaire dans cette partie de la région, à l’amélioration des conditions de vie des paysans ainsi qu’à l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire est aujourd’hui un obstacle pour les bénéficiaires.

Selon les explications de Bouba Moumini, producteur du maïs dans le bassin agricole de la Vina «cette situation a causé un grand retard dans notre métier. Imaginez un seul instant qu’il faut tout reprendre en cette période, quand sera donc le rendement en fin de saison ?» S’interroge-t-il. L’agriculteur explique que ce qui a été fait dans son champ est à reprendre à zéro. «Je dois labourer à nouveau mon champ, chercher de l’argent pour acheter des semences et puis le semer. Et le tout, je dois payer à nouveau de la main d’oeuvre. En gros, je dois refaire tout mon champ en double». Une telle situation est sans conséquence sur la production en cette saison agricole.

Source : © L’Oeil du Sahel

Par JEAN AKOUM AMIRI