Cameroun – Distinction : le manioc, le sorgho et le maïs de l’IRAD primés à Genève

Le manioc, le sorgho et le maïs de l’IRAD primés à Genève | Illustration/DR
Le manioc, le sorgho et le maïs de l’IRAD primés à Genève | Illustration/DR

L’Institut de recherche agricole pour le développement a été classé parmi les meilleurs inventeurs au 44e Salon international des inventions de la capitale suisse, pour ses recherches dans les variétés améliorées de manioc, de sorgho, de patate douce et de maïs.

Longtemps accusée d’encadrer des chercheurs qui ne trouvent pas, l’institut de recherche agricole pour le développement (Irad), revient de Genève avec la reconnaissance de la communauté scientifique internationale pour des travaux de recherche en or. Au 44e salon international des inventions qui s’est tenu du 13 au 17 avril, quatre projets portés par le fleuron de la recherche camerounaise en agriculture ont été distingués. Ils portent sur le sorgho, le manioc, la patate douce, et le maïs. Des produits nécessaires à l’alimentation de base, consommés dans la plupart des communautés tribales du Cameroun.

Premier produit en or, le sorgho. L’irad a mis en place une variété CS54, présentant un rendement élevé, et disposant de dérivés en zone soudano-sahélienne du Cameroun. La denrée alimentaire, très prisée dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord, a une production insuffisante. En cause, les conditions climatiques peu favorables dans les zones de production, mais aussi l’appétit croissant des agro-industries, qui préfèrent désormais le Sorgho dans la fabrication des boissons gazeuses et alcoolisées au détriment de l’orge, issu de l’importation. En 2015 par exemple, Diageo, la multinationale propriétaire de Guiness, a lancé un programme d’investissement d’environ 3 milliards de FCfa dans un projet visant la promotion de la culture du sorgho dans la région de l’Extrême-Nord. Les investissements cumulés vers cette denrée alimentaire, devraient permettre de porter la production nationale d’1 million de tonnes à 2 millions de tonnes d’ici à 2020.

A Genève, la communauté scientifique a également succombé aux charmes de la variété de manioc 8034, présentée comme étant adaptée à différentes zones agro-écologiques du Cameroun. Cette trouvaille de l’Irad survient alors que le Cameroun est engagé dans un vaste plan de relance de la production de manioc. Le plan, lancé en 2015 avec l’accompagnement de la Banque mondiale, vise la construction de six usines de transformation du manioc dans les localités d’Edéa et de Dibombari (Littoral), Muyuka (Sud-Ouest), Obala (Centre), pour ne citer que celles-là. Coût du projet, 50 milliards de FCfa.

La troisième denrée en Or de l’Irad, a été attribuée à la variété de patate douce Tlb1 à très large adaptabilité écologique et à haut potentiel de rendement. Pour le Cameroun, cette innovation déterminante, notamment pour l’industrie boulangère, plombée par la montée des cours mondiaux du blé. D’après des chiffres publiés par l’Acdic, en 2013, les boulangers ont importé plus de 163 000 tonnes de blé. Ce qui représente un peu plus de 33,5 milliards de FCfa. Pour réduire ce déficit, les boulangers tentent d’équilibrer leurs coûts, en intégrant la patate douce dans la fabrication de la farine de pain.

Enfin, le composite Coca SR « une variété améliorée de maïs tolérante aux maladies foliaires d’altitude et à la striure et dont les semences sont disponibles aux Centres IRAD de Bambui et Dschang », comme l’a expliqué un chercheur de l’Irad.

Source : © Cameroon Tribune

Par Frégist Bertrand Tchouta