Cameroun : Le discours de Paul Biya aux jeunes en couverture des journaux

Le discours de Paul Biya aux jeunes en couverture des journaux | © AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Le discours du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya vendredi soir, à la veille de la Fête nationale de la jeunesse, a suscité de nombreuses réactions dans les journaux du pays parus lundi.

« Paul Biya esquive les emplois chiffrés », titre Le Détective, ajoutant que « ragaillardi par les performances des sélections féminine et masculine de football sur le plan continental, le président de la République a littéralement mis de côté les statistiques controversées sur les emplois créés chaque année ».

Cette adresse avait des airs d’enfumage, s’insurge Le Quotidien de l’Economie qui évoque « un long poème flatteur et une ode au patriotisme », aucune annonce concrète n’ayant été faire et presque rien n’ayant été dit sur le fameux Plan spécial jeunes.

En saluant le talent, le courage, l’engagement patriotique des « Lionnes » et des « Lions indomptables » lors des dernières coupes d’Afrique des nations de football, ainsi que leur capacité à s’unir pour défendre le drapeau national, le chef de l’Etat a également rendu un vibrant hommage à celles et ceux qui défendent vaillamment les couleurs nationales au front.

Le président de la République, souligne La Météo, en bon père de famille, a une fois encore encouragé ses jeunes compatriotes à plus d’efforts, d’esprit d’entreprise, de persévérance et de patriotisme.

Pour Le Messager, le chef de l’Etat ne s’est toutefois pas privé de narguer ses jeunes compatriotes, lui qui a réservé les trois-quarts de son adresse aux leaders syndicaux anglophones.

Et le bihebdomadaire Repères de constater le ton ferme dudit discours, face aux menaces que subissent les élèves et étudiants dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays, a réaffirmé sa détermination à faire régner l’ordre et la paix dans ces zones.

« Si chaque citoyen peut librement exprimer ses opinions, le chef de l’Etat fustige le fait que l’on use de menaces, d’intimidations ou de violences pour contraindre les populations à observer un mot d’ordre de grève. »

De nombreux Camerounais voulaient effectivement l’entendre sur la crise anglophone : à la fois pédagogue et bon père de famille, il a prodigué des conseils aux uns et rassuré les autres sans pour autant manquer d’être ferme, s’engageant ainsi à rétablir l’autorité de l’Etat partout où besoin est.

Tout en réitérant les missions de l’Etat qu’il incarne, ajoute Repères, le président de la République est sans appel : « le gouvernement continuera évidemment, de façon méthodique et ordonnée, à œuvrer à la recherche de solutions appropriées aux préoccupations exprimées par les syndicats des avocats et des enseignants anglophones relatives à la justice et à l’éducation ».

Ce fut finalement un défilé dans la peur dans ces régions frondeuses, affirme Mutations, précisant que les autorités ont dû user de moult manœuvres pour déjouer le boycott prôné à travers des tracts par les activistes de la sécession.

© CAMERPOST avec © APA

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