Cameroun : Difficile d’être notaire au pays

Cameroun : Difficile d’être notaire au pays

Aux dires des professionnels interrogés vendredi le 14 juillet 2017 lors de la prestation de serment de cinq nouveaux notaires à Douala, le métier ne fait plus tellement rêver. Les notaires, pour la majorité, des nouveaux déplorent le calvaire qui est le leur. Evocation avec CAMERPOST.

De nombreux obstacles liés à la législation en vigueur

« Les décisions du Chef de l’Etat de nommer certains d’entre nous, apportent assurément du sang neuf dans la fonction notariale au Cameroun. Cependant, pour les nouveaux, c’est un nouveau  parcours de combat. Il faut déjà trouver les moyens financiers pour s’installer », explique sous anonymat un notaire.

Il enchaîne : « le budget d’investissement avoisine les 20 millions Fcfa pour chacun. Destinés pour assurer les charges de: location d’un immeuble siège décent,  l’achat d’un véhicule de bonne facture, location d’une résidence décente, un budget prévisionnel des employés sur un an et un équipement, … A cet effet, les nouveaux notaires devront soit contracter un prêt bancaire remboursable sur 5 ans, soit passé par les usuriers, sinon espérer sur le soutien familial. Ce qui n’est pas évident ».

Un champ d’action circonscrit aux tribunaux de 1ère instance

Tout ceci, pour une rentabilité pas toujours manifeste. Les professionnels dénoncent le fait que leur champ d’action est circonscrit à tort à la compétence territoriale des tribunaux au lieu de la Cour d’Appel.  Nous apprenons que les textes de lois mettent le notaire sous l’autorité de la Cour d’appel du ressort de sa résidence. Mais ces dernières les mettent sous l’autorité des Tribunaux de première instance.

La chambre régionale des notaires en optimiste

Me Mbollo Mbassy Anne Marie, présidente de la Chambre régionale des notaires du Littoral a un regard autre que ce qui est dit plus haut. En exercice depuis une vingtaine d’année au Cameroun, elle affirme que la fonction notariale a de l’avenir au pays. Et qu’il ne faut point être défaitiste.

« Regardez tous les citoyens qui, aujourd’hui, ont des titres fonciers, regardez ceux qui ont créé des sociétés, regardez les problèmes de successions qui ont été réglés, tout cela c’est grâce aux notaires. Autrement dit, il y a des actes pour lesquels le notaire a le monopole et qui sont obligatoires », explique la présidente qui avance sans l’ombre d’un doute que ce métier a de l’avenir.

© CAMERPOST par Linda

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