Cameroun : Les dessous de la rencontre des Chefs d’Etats de la zone CEMAC

Les chefs d’Etats de la CEMAC à Yaoundé | Ph. © PRC

Réunis le 23 décembre dernier dans la capitale camerounaise, les Chefs d’Etat de la zone CEMAC, ont bien été obligés d’assumer la situation difficile dans laquelle l’économie de la zone se trouve.

C’est un euphémisme de dire que l’économie de la sous-région est dans le coma. Les pays de la zone CEMAC subissent de plein fouet les effets de la chute drastique des cours des matières premières et principalement du baril de pétrole. Une situation d’autant plus intenable que des Etats comme le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale ou encore le Congo tirent plus de 80 pour cent de leurs revenus du pétrole. Actuellement le Tchad est au bord de l’asphyxie des dépenses sociale comme le payement des salaires sont à peine couvertes. Les investissements sont à l’arrêt et le pays n’arrive plus à assumer ses charges. C’est pourquoi il était impératif pour les Chefs de ces Etats de faire le point et d’envisager des pistes de solutions pour une sortie de crise. Le 23 décembre dernier à Yaoundé en plus des Chefs d’Etats de la CEMAC il y avait les responsables des institutions financières internationales comme la Banque Mondiale, le FMI entre autres. La France également était bien représentée.

Selon Idriss Déby Itno Président du Tchad les solutions immédiates n’étaient pas nombreuses : « Nous avions le choix entre deux options. Soit de réduire le train de vie de nos Etats respectifs soit de procéder à la dévaluation du Fcfa. Souverainement nous avons choisi de ne pas dévaluer le Fcfa mais de réduire le train de vie de l’ensemble des pays de la sous-région ». a révélé le Président Tchadien. En d’autres termes l’austérité sera de mise à partir de 2017. Au Tchad par exemple Idriss Déby a précisé : «  Nous allons procéder à une réduction des salaires entre autres…et tout le gouvernement devra s’y résoudre ». Au Cameroun compte tenu des salaires de catéchistes pratiqués dans l’administration cette option aurait été catastrophique pour les populations. Yaoundé a opté pour l’élargissement de l’assiette fiscale pour trouver des ressources complémentaires. De l’avis du ministre camerounais des finances Alamine Ousmane Mey, il faudra aussi se limiter aux dépenses prioritaires. À la rencontre de Yaoundé, les Présidents ont pris une décision courageuse sur le plan économique. Cela relève de l’inédit depuis les indépendances.

Désormais, toutes les entreprises étrangères qui sont installés dans les pays de la zone CEMAC devront passer par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) pour toutes leurs opérations et mouvement de fonds. « Ces entreprises font de l’argent chez nous et rapatrient aussitôt leur revenus dans leurs pays respectifs. Il faut que cela cesse.  Les ressources générées par ces entreprises et qui vont directement dans leur pays devrons passer par la BEAC. A partir de cette banque ces entreprises ont l’obligation d’investir sur place une partie de leurs ressources. Il n’est plus question que ces entreprises-là rapatrient la totalité de leurs gains dans leurs pays.  Cela ne se fera pas sans mal mais il le faut », a précisé le Président Tchadien. S’il est vrai que la situation actuelle est exogène et même imposée aux Etats de la zone, il n’en demeure pas moins vrai que le problème gouvernance reste entier.

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER

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