Cameroun – Désordre urbain : le tableau noir des marchés de Douala

Le tableau noir des marchés de Douala | © LNE
Le tableau noir des marchés de Douala | © LNE

Le marché central, Dakar, Nkolouloun, Makèpè Missokè ou encore Mboppi, sont quelques lieux où le désordre continu de dicter sa loi.

Nous sommes au lieu-dit marché central dans l’arrondissement de Douala 2ème, ce mardi 16 août 2016. Ça grouille de monde et difficile de se frayer un passage. Entre les automobilistes, les mototaximen et les vendeurs ambulants, les piétons ont du pain sur la planche. Venant du lycée de New-Bell, on observe déjà des commerces de fortune installés de part et d’autre. Il s’agit des vendeurs de vêtements pour la plupart, de médicaments et aussi des commerçants d’ustensiles de cuisine. Plus on avance ici, on fait face aux obstacles. Le climat est doux en ce jour du mois d’août et les affaires sont au beau fixe.  Tout le long de ce marché, des jeunes vendeurs de vêtements proposent leurs marchandises. « Madame voici un bon jean, regardez ce n’est pas cher », lancent-ils aux potentiels clients. Des clients qui sont parfois tirés de force au passage, par ces derniers.

On quitte le marché central et on se dirige vers le boulevard des Nations-Unis, bien connu sous le nom du « Marché Nkololoun ». Pour y arriver, il faut défier tout encombrement orchestré par les commerçants anarchiquement installés. Marchands ambulants, commerçants d’oranges, de vivre frais et d’oignon sont bien en place. Et pis encore, il faut éviter de se faire monter dessus par un engin. L’ambiance est suffocante et le léger soleil qui brille sous le ciel de la capitale économique fait couler quelques gouttes de sueur.  Construit pour désengorger cet arrondissement, le boulevard est quasi inexistant. Devant les commerces qui sont installés ici, d’autres activités pullulent.  On y trouve des articles de tous genres. Vêtements, vivres, fruits, poissons, arachides pour ne citer que ceux-là. Quelques véhicules qui ont encore le courage d’emprunter cet axe en journée, doivent être armés de patience. Car ici, les commerçants qui sont les patrons des lieux.  Et même le terre-plein n’échappe pas. Y allant tout au long de ce boulevard, il est transformé en étale.  Et malgré la présence des agents de la commune d’arrondissement, personne n’est inquiet. D’ailleurs ce n’est pas le but de sa présence.  Ces derniers ont pour seule mission la collecte des sous, représentant l’occupation temporaire de la voie publique (Otvp), nous dit-on. Et on les voit lancer les tickets sur les marchandises et collecter par la suite.

Ces deux marchés de Douala 2ème, ne sont pas uniques.  Malgré les tentatives de la plateforme de lutte contre le désordre urbain, l’anarchie est tout aussi persistante au marché Mboppi. Dans ce marché dit le plus grand de la sous-région, les commerçants ambulants et les coiffeuses clandestines dictent leur loi. L’accès est difficile en raison des encombrements. Et les policiers et agents de la commune d’arrondissement sont désormais de simples observateurs. « Nous n’avons pas un autre endroit où on peut s’installer, le marché est plein », justifie une coiffeuse.

Au marché Dakar dans l’arrondissement de Douala 3ème. Le visage est sensiblement le même. Plus besoin pour certains clients, d’entrer à l’intérieur des marchés. Pour cause, de nombreux commerçants écument le trottoir avec leurs marchandises. Tout comme dans les marchés sus évoqués, le désordre urbain est légion de ce côté.  Le marché Missokè dans l’arrondissement de Douala 5ème n’est pas en reste. Et ce ne sont pas les personnes qui empruntent cette voie au quotidien, qui diront le contraire. Car traverser cette route est parfois un vrai chemin de croix. Un désordre qui selon certains est entretenu par les communes d’arrondissement.

Source : © La Nouvelle Expression

Par Lucienne Wouassi

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