Cameroun – Désordre urbain : les mauvaises habitudes ont la peau dure – 27/05/2015

Une rue de Yaoundé, en avril 2015 | REINNIER KAZE / © AFP
Une rue de Yaoundé, en avril 2015 | REINNIER KAZE / © AFP

Les mesures répressives utilisées par la Communauté urbaine de Yaoundé contre le désordre urbain ne font pas pour autant faiblir les commerçants récalcitrants.

La journée de mardi avait démarré au marché du Mfoundi par son désordre habituel avec son entrée principale comparable à un dépotoir. Ici, des débris de fruits et autres vivres frais traînent à même le sol. Sur la chaussée, fruits, bijoux, arachides grillées, chaussures, etc. sont étalés en masse sur la chaussée, paralysant presque la circulation des véhicules. A cette heure de pointe, toutes les oreilles sont tendues.  Comme un coup de tonnerre, l’on entend retentir « Awara, Awara » (pseudonyme donné aux agents de la police municipale), puis c’est la confusion totale. En quelques minutes à peine, le trottoir est vidé comme par enchantement.  Fausse alerte ! Les commerçants regagnent aussitôt leurs étalages en calculant certainement d’un moment à l’autre, leur arrivée. La descente des agents de la Communauté urbaine de Yaoundé vise en effet, à amener les occupants de la voie publique à utiliser uniquement l’espace marchand et non celui réservé aux autres usagers. Malgré les mesures prises par les autorités : Saisir et confisquer les marchandises étalées sur la chaussée et le trottoir, l’occupation anarchique de ces lieux persiste.

Bien que chassés, ces vendeurs et autres occupants de l’espace urbain sont décidés à trouver leur pitance quotidienne ici. C’est le cas de Karine K., vendeuse des oranges installée sur la chaussée au quartier Ngoa-Ekelle depuis deux ans. « Il ne se passe aucun jour sans que les agents de la mairie ne se pointent ici avec leurs gros porteurs pour ramasser toutes les marchandises qu’ils trouvent sur la chaussée ou sur le trottoir. On ne comprend vraiment pas ce qu’ils veulent. Pourtant, tous les commerçants qui se trouvent ici, paient une taxe de 100 F par jour et la somme de 500 F au poste de police. La mairie sait que nous sommes là et cela ne leur cause aucun problème », s’insurge Karine K. L’autre commerçant en face, confie : « Nous sommes tout le temps persécutés par ces agents qui saisissent nos marchandises. C’est pour avoir notre pain quotidien qu’on est là. Il n’y a plus d’espaces dans le marché sinon on ne serait pas là. »

En revanche, certains commerçants semblent avoir compris la leçon. Au marché Mokolo, par exemple, la voie est libre grâce au déploiement des éléments du Commissariat de sécurité publique du 2e arrondissement situé dans ledit marché. « Des gros bras recrutés par le Commissariat sillonnent à longueur de journée le marché pour arrêter les vendeurs qui s’entêtent à étaler leurs marchandises sur la voie publique. Une fois que ces derniers sont arrêtés, ils paient de lourdes taxes avant de récupérer leurs biens. Ce qui les décourage», confie un vendeur à la sauvette.

Source : © Cameroon Tribune

Par Assiatou NGAPOUT M.

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