Cameroun : Délibérations sous haute tension du certificat d’études primaires – 24/06/2015

Des enfants dans une salle de classe | Photo d'illustration
Des enfants dans une salle de classe | Photo d’illustration

Les remous dans les centres de correction du Mfoundi 1 et 2 pourraient retarder la publication des résultats.

C’est une atmosphère paisible qui s’observe ce 22 juin 2015, à l’école du Centre administratif. Il est 10 h 30. Les corrections des épreuves du Certificat d’études primaires (Cep), examen qui sanctionne la fin d’année scolaire au ministère de l’Education de base (Mindub), se sont achevées dans cette école le 18 juin. Sur le balcon d’un bâtiment de ce centre des corrections du département du Mfoundi, des hommes et femmes dialoguent. D’autres, assis sur les tables-bancs à l’intérieur d’une salle de classe, font de même. L’on apprend qu’il s’agit là, des enseignants d’écoles primaires chargés de la correction des copies du Cep. « Nous avons achevé les corrections des copies le 18 juin. Actuellement, nous attendons l’arrivée du chargé de mission pour le début délibérations », informe l’un des maîtres présents.

Celui-ci fait savoir que le semblant de sérénité qui s’observe dans ce lieu, n’est en réalité, que l’arbre qui cache la forêt. «Depuis jeudi 18 juin, tout va mal ici. Il était prévu qu’à la fin des corrections, chaque enseignant ait 24 000 F. Cfa. Mais à notre grande surprise, nous n’avons reçu que 8 300 F. Cfa, soit 38% de ce que nous devions normalement recevoir. Le pire est qu’on ne nous dit pas quand on pourra entrer en possession du reste de nos frais », poursuit l’enseignant courroucé, qui dit avoir corrigé près de 550 copies de Tic (Technique de l’information et de la communication).

A quelques pas de lui, son collègue qui vit aussi la même situation, explique qu’à la base, la correction d’une copie était facturée à 60 F.Cfa. Mais actuellement l’on parle plutôt d’une discipline (dictée, production écrite, mathématique…) à 60 F.Cfa. A l’école publique de Nkolndongo, centre de correction du Mfoundi 2, la situation est la même. Les maîtres convoqués aux corrections disent n’avoir pas reçu la totalité de leur frais de correction. « Les choses ne peuvent pas évoluer dans ce pays. La somme qu’on nous a donnée est  vraiment minable.

Même les surveillants qui devaient recevoir 6000 F.Cfa, n’ont eu que 3000 F.Cfa », confie un correcteur. D’après un inspecteur d’arrondissement qui a gardé l’anonymat, cette situation est due au fait qu’une partie des frais destinés à payer les correcteurs du département du Mfoundi a été reversée dans d’autres départements qui n’en avaient pas assez. «Le département du Mfoundi compte 38 mille candidats, soit 22 mille dans le Mfoundi 1 et 16 mille dans le Mfoundi 2. Donc, ils sont au minimum 600 correcteurs qui ont été convoqués. Le Minedub a mis sur pied une réforme qui veut que le payement des frais soit équitable dans tous les départements.

Ce qui fait que l’on a puisé dans les caisses réservées aux enseignants du Mfoundi, pour les reverser ailleurs. Le gros souci est que cette mesure a été prise sans associer l’avis des acteurs sur le terrain. C’est pourquoi il y a ces mécontentements », informe l’inspecteur. Il indique que pour les délibérations, chaque arrondissement devrait avoir 400 enseignants. Mais suite à cet état des choses, le Mfoundi 1 se retrouve avec seulement 38 personnes. Ce qui, d’après lui, pourrait retarder la date de publication des résultats, initialement prévus pour la fin de ce mois.

Source : © Le Jour

Par Bravo Tchundju

Poster un Commentaire

Soyez le premier à commenter !

Me notifier des
wpDiscuz