Cameroun – Délais de passage au port de Douala : on peut mieux faire

Une vue du terminal à conteneurs du port de Douala | © BAL/Illustration

La méconnaissance par bon nombre d’opérateurs des améliorations technologiques en cours freine le rythme du processus

Le rythme de réception des usagers aux portes du Guichet unique des opérations du commerce extérieur (Guce) ou de la Société générale de surveillance (SGS) paraît normal pour qui observe, en cette fin du mois de mars, les deux établissements installés à Bonanjo. Pourtant, à en croire quelques-uns des usagers de ces services essentiels de l’import-export camerounais, il y a encore à faire pour réduire les délais de passage des marchandises tant à l’import qu’à l’export. Comme l’a mentionné Nicolas Peltier-Thiberge, directeur du secteur transport pour l’Afrique centrale et occidentale de la Banque mondiale lors d’une visite au port de Douala vendredi dernier.

De l’avis général, les « choses se sont néanmoins nettement améliorées », même si le chef de la mission visiteuse estime à une quinzaine de jours le temps que l’importateur ou l’exportateur doit compter pour faire rentrer ou sortir des biens du port de Douala. Peut-on faire mieux ? Deux jours, par exemple, comme à Lomé. Les commis de divers importateurs que CT a pu rencontrer hier devant plusieurs guichets, papiers en main, écoutent sonner ce délai-chiffre telle une promesse obtenue dans un rêve.

Et pourtant, il faudra s’y acheminer, espèrent des transitaires. Le problème serait alors, analyse Timothée Amougou Medja, patron d’une Pme spécialisée dans le transit, d’adapter les importateurs au changement. L’e-force, procédure unifiée et unique du commerce extérieur, des déclarations préliminaires à l’enlèvement ou à l’embarquement en passant par le dédouanement, devrait à son avis être mieux connue. « Nombre d’importateurs, regrette M. Amougou Medja, ne sont pas accoutumés aux tâches administratives et techniques de ce formulaire dématérialisé… Si nous avons pu bénéficier comme les autres transitaires d’un apprentissage, ce n’est pas le cas des importateurs qui sont plus nombreux. »

C’est donc l’avant-dédouanement qui ferait traîner les opérations. La question de l’utilisation de l’outil informatique par les importateurs qui font une déclaration d’importation, ajoute Richard Mfeugwang, également chef d’une entreprise spécialisée dans les opérations du commerce extérieur, a effectivement été envisagée durant le dernier Cameroon Business Forum et prise en charge comme telle par les douanes et le fisc.

D’après lui, ce handicap a rallongé de cinq jours et en moyenne, le temps de cette déclaration. Sans compter le temps que requièrent le transfert et la validation des paiements afférents à l’importation effectués en dehors de la banque partenaire de l’agent vérificateur.

S’il est difficile de trouver des importateurs qui s’en expliquent ouvertement, l’avenir semble cependant rassurant. La plate-forme entre les divers acteurs du secteur s’est saisie des difficultés que crée la nouvelle formule. Les semaines qui viennent pourront faire couler quelques fluides sur les zones de blocage.

Source : © Cameroon Tribune

Par Jean Baptiste KETCHATENG