Cameroun – Au-delà de l’affaire Essama : qui est le Général Leclerc Hauteclocque ?

Le général Leclerc | © Rue des Archives
Le général Leclerc | © Rue des Archives

Quelles sont ses œuvres au Cameroun ? Qu’a-t-il fait pour le pays ? Pourquoi son monument occupe-t-il la plus grande place publique à Douala ? Voilà autant de questions qui taraudent les esprits, auxquelles La Nouvelle Expression a trouvé quelques réponses.

De son vrai nom Philippe François Marie de Hauteclocque, le Général Leclerc était un militaire né le 22 novembre 1902 et décède à l’âge de 45 ans, précisément le 28 novembre 1947. Français d’origine, il a servi de 1924 à 1947. Il fut l’un des principaux chefs militaires de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale ; ses fonctions au sein des Forces françaises libres l’amenèrent notamment à commander la 2e division blindée. Leclerc fut tout d’abord son nom de guerre au sein des Forces françaises libres, avant d’être ajouté à son patronyme légal : il a été autorisé à se nommer Leclerc de Hauteclocque par décret du 17 novembre 1945. Il a été élevé à titre posthume à la dignité de maréchal de France. Mais avant, évocation de son départ pour l’Afrique en général et le Cameroun en particulier.

Le 6 août 1940, il quitte l’Angleterre pour le Cameroun avec René Pleven, André Parant et Claude Hettier de Boislambert. Le voyage se fait à bord d’un hydravion Sunderland, le Clyde. Il atterrit à Lagos le 10 août 1940. Dix jours plus tard, il débarque de nuit en pirogue à Douala avec 22 hommes. Il fait la connaissance du commandant Louis Dio, qui arrive de Fort-Lamy (N’Djamena) à la tête d’un détachement du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. Il parvient à convaincre les autorités fidèles à Vichy de s’effacer ; et rallie le Cameroun, le Tchad et le Congo à la cause de la France libre sous l’égide de Félix Éboué et du colonel de Larminat. Jugeant son grade de commandant insuffisant, face au gouverneur général et au lieutenant-colonel Bureau, commandant les troupes à Douala, il arrache les quatre galons de sa manche gauche pour en recoudre un sur celle de droite : le voici colonel, lui qui n’était qu’un simple capitaine un mois plus tôt. Leclerc est nommé Commissaire général du Cameroun et le 28 août, c’est toute l’Afrique-Équatoriale française, à l’exception du Gabon, qui s’est ralliée au Général de Gaulle. Celui-ci, au cours d’une visite à Douala le 8 octobre, donne son accord à Leclerc pour tenter de rallier le dernier pays à sa cause. Avec l’aide des Forces françaises libres, repliées après l’échec de l’expédition de Dakar (23-25 septembre), Leclerc débarque près de Libreville le 8 et le 10 novembre, le Gabon se joint à la France libre.

Son apport

Au cours de la nuit du 25 au 26 août 1940, débarquent le capitaine Leclerc et ses 22 hommes dans les marais de Douala qui rallient le détachement du capitaine Louis Dio (armée française régulière du Cameroun) à la cause de la France libre. Celui-ci revenait de Fort-Lamy (N’Djamena) avec un détachement de tirailleurs sénégalais. C’est le début de la légion du Cameroun, ancêtre de la 2eDivision Blindée. La ville et l’administration coloniale tomberont rapidement aux mains du détachement Leclerc après le ralliement du détachement du capitaine Louis Dio et le 8 octobre le Général de Gaulle arrivera à Douala pour préparer la prise du Gabon.

L’histoire rapporte qu’après la Seconde Guerre mondiale, l’ONU change le statut du Cameroun qui, de protectorat, est mis en tutelle, mais est malgré tout intégré à l’Union française comme les autres colonies. Dès les années 1940, les autorités coloniales encouragèrent la diversification agricole. C’est l’apparition de nouvelles cultures de rentes comme le café dans l’ouest ou le coton dans le nord. L’élevage et l’exploitation du bois prirent une dimension nouvelle grâce aux nouvelles routes. En 1946, une Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) fut constituée ; depuis 1945 Louis-Paul Aujoulat (MRP, siège de 1945 à 1955) et Alexandre Douala Manga Bell (MRP, siège de 1945 à 1957) siègent déjà à l’Assemblée nationale française, rejoints par Jules Ninine de 1946 à 1958. André-Marie Mbida et Maurice Plantier (futur député des Pyrénées-Atlantiques en 1973-1978) y siègeront pour leur part en 1956-1958. Cette période voit l’ouverture de nouvelles écoles tant publiques que privées et aussi de plusieurs écoles secondaires, dont le lycée Leclerc. Les autorités coloniales commencèrent à envoyer les meilleurs étudiants à Dakar et en France pour suivre des études supérieures. À cette époque commence aussi l’électrification et l’adduction d’eau dans les grandes villes.

Ce qui choque

Autrement dit, Leclerc a joué un rôle non négligeable pour l’essor du Cameroun. Ce qui choque, d’après des observateurs avertis au Cameroun, et ce pourquoi Essama André Blaise se bat, c’est qu’au-delà des monuments étrangers, le pays a besoin des monuments des héros nationaux. Philipe Nanga, Coordonnateur deUn Monde Avenir soutient : « le Général Leclerc mérite qu’on communique sur lui, vu qu’il a une place dans l’histoire coloniale du Cameroun, par contre sa place dans l’espace public Camerounais au détriment des Nationaux ne se justifie pas ». Plus loin, Gérard Philippe Kuissu du Tribunal Article 53 de s’interroger : « Leclerc était là pour la libération de la France, et le problème n’est pas Leclerc, mais plutôt : pourquoi Leclerc et pas Ouandié, UM Nyobè, Moumié etc ? ».

Source : © La Nouvelle Expression

Par Linda Mbiapa, stg

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2 Commentaires sur "Cameroun – Au-delà de l’affaire Essama : qui est le Général Leclerc Hauteclocque ?"

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Sinclair Sinclair

Vraiment, immortaliser un colon plutot qu’un resistant?

Thiery Clement

essama porte les habits du colon parle la langue du colon mais deteste le colon vraiment il mange la viade du porc mais insulte le porc!

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