Cameroun – Décongestion du port de Douala: Un léger mieux – 28/08/2014

Du 27 août au 20 décembre 2014, la douane camerounaise organise des ventes aux enchères publiques. Deux avis y relatifs accompagnés de la liste des marchandises concernées sont publiés depuis juin dernier sur son site Internet.

Minette Libom Li Likeng , directrice général des douanes.
Minette Libom Li Likeng , directrice général des douanes.

S’exprimant il y a quelques jours sur les solutions en vue pour décongestionner le port de Douala, Urbain Noël Ebang Mve, président de l’Assemblée générale du Port autonome de Douala (PAD), annonçait justement des ventes aux enchères comme l’une des mesures prises pour débarrasser le port des marchandises qui encombrent l’espace portuaire, contribuant de fait à sa congestion. Récemment encore, le directeur général des douanes, Minette Libom Li Likeng, a annoncé la création et la mise en service d’un site-pilote de dédouanement à Belabo pour certaines marchandises en transit pour la République centrafricaine, comme solution pour décongestionner cette plateforme portuaire.

La congestion du port de Douala a duré de longs mois déjà. Transformé en magasin de stockage, l’espace portuaire, devenu restreint, étouffait. Normal, puisque ses capacités d’accueil, soit 7,5 millions de tonnes de marchandises sont dépassées. D’après le rapport de l’Autorité portuaire nationale (APN) sur l’état du secteur maritime en 2013, le port de Douala a assuré 99,7% du trafic maritime. Soit au total 10 564 280 tonnes de marchandises traitées sur ce site contre 9 617 996 tonnes en 2012. Résultat, de nombreux navires en attente d’accostage à la bouée de base. Autre situation à l’origine de cet engorgement, le non-renouvellement des équipements, notamment l’instrument de manutention que sont les portiques. Le port de Douala en compte deux. Insuffisant d’après des experts, pour accélérer le rythme de traitement des navires. « Il en était prévu trois », confiait récemment le directeur général du PAD, Emmanuel Etoundi Oyono.

Absence d’aires de stockage, outil de production insuffisant, faible niveau d’investissements, que de problèmes au port ! Et ce n’est pas les mots pour le dire qui manquent. « Le port n’est pas un magasin » ; « l’extrême gravité de la situation actuelle commande des comportements d’urgence en rupture avec les habitudes » ; « Il y a un problème de gouvernance au port. Il faut que les autorités vérifient que le cahier de charges est respecté » ; « c’est l’importateur camerounais qui en est la cause ». Ce sont-là, quelques clichés puisés dans les multiples réunions de crise qui se sont succédé autour de ce problème.

Dans l’égrenage des difficultés auxquelles fait face le port de Douala actuellement, tout a été dit. Et les solutions alors ? Elles sont toutes aussi nombreuses que les problèmes soulevés. Tantôt venant d’experts, tantôt des acteurs même opérant sur cette plateforme. Et c’est justement dans cette deuxième catégorie qu’on écoute de tout. Pas moins de cinq réunions d’urgence et de crise tenues en l’espace d’un mois. Chacune aboutissant sur des propositions de solutions, à mettre en œuvre par chaque maillon de la chaîne, chacun à son niveau, pour aboutir à un meilleur dynamisme sur cette plateforme portuaire. Mais, au moment d’appliquer les mesures d’urgence, personne n’a perdu de vue ces doigts accusateurs pointés par chacun des acteurs. C’est toujours la faute de l’autre. Comme disait un célèbre philosophe, « l’enfer c’est les autres ». Est-on en droit de s’attendre à un scénario similaire quand il faudra dans les jours à venir, évaluer les premiers fruits de toutes ces concertations de crise ?

Pour l’heure, balle à terre. Des mesures d’urgence, visant à apporter des solutions ponctuelles sont en train d’être mises en œuvre. Outre les ventes aux enchères publiques des marchandises organisées par l’administration des douanes, Douala International Terminal (DIT), concessionnaire du terminal à conteneurs du port de Douala annonce une batterie de mesures. Parmi elles, l’achat d’un troisième portique dont la livraison est annoncé avant la fin de cette année. Pour l’heure, les deux portiques de quai sont opérationnels avec un taux de disponibilité de 80%. Du côté de la Société d’exploitation des parcs à bois du Cameroun (SEPBC), la structure a obtenu le droit d’occupation partielle de la place de l’UDEAC sur trois hectares depuis le 9 juin dernier et trois hectares supplémentaires à l’intérieur du terminal bois. A côté de ces solutions ponctuelles, il faut que chaque acteur de la chaîne portuaire joue son rôle afin que la décongestion ainsi amorcée, devienne une situation pérenne

Source : © Cameroon Tribune

Par Josiane TCHAKOUNTE

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Francisca Mboe

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