Cameroun : Décès de Michelle Durier, la veuve d’Abel Eyinga

Abel Eyinga | Photo d'archives
Abel Eyinga | Photo d’archives

Michelle Durier est au moment où nous écrivons ces lignes à la morgue de l’hôpital régional du Sud, à Ebolawa.  Est décédée, le jeudi 28 janvier 2016 des suites de maladie dans son lit d’hôpital. Agée de 83 ans, elle a pris ses quartiers à Ebolowa au lendemain du décès de son mari en 2014. Elle aurait eu un malaise avant d’être conduite à l’hôpital, où elle rend l’âme après une courte hospitalisation. Elle laisse trois enfants qu’elle a eues avec son défunt mari.

Avec elle disparait un pan de l’histoire du Cameroun.  Michelle Durier bien qu’étant française, (proche famille de l’ancien président François Mitterrand) sera enterrée à côté des restes de son mari, Abel Eyinga. C’est du moins sa volonté.

Sa mort sonne aussi comme une oraison à la vie de son défunt mari qu’elle a accompagné dans ses pérégrinations, ses idées, ses succès mais aussi ses échecs. Abel Eyinga est né en 1933 près d’Ebolowa. Durant ses années étudiantes, Abel avait fondé La Revue Camerounaise avant de renter au Cameroun en 1961. Une fois dans son pays natal, il est fait Chef de Cabinet du Premier ministre du Cameroun, alors Charles Assalé.

Son expérience à la primature du Cameroun est plutôt fugace. Son dynamisme et ses activités ont déplu. Il avait créé à Yaoundé le Cercle Culturel Camerounais avec Jean-Michel Tekam où se retrouvent de jeunes diplômés qui rêvent de façonner l’avenir du Cameroun, alors qu’on ne leur demande que d’être de dociles exécutants, rappelle Odile Tobener, l’épouse de Mongo Beti, qui connaît les Eyinga.

Il va un temps travailler à New York au secrétariat de Diallo Telli, représentant permanent de la Guinée à l’Onu. C’est de Paris qu’il se déclare candidat à l’élection présidentielle camerounaise de 1970 contre Ahidjo, après avoir demandé en vain à Soppo Priso de l’être. Il rendra compte de cet épisode dans son livre Mandat d’arrêt pour cause d’élections : de la démocratie au Cameroun : 1970-1978. (L’Harmattan 1978). L’épouse de Mongo Beti se souvient dans une de ses chroniques qu’Eyinga était indésirable en France. Il est alors recruté comme professeur à la faculté de Droit d’Alger. Il se déplacera désormais avec un sauf-conduit algérien, ni la France ni le Cameroun n’acceptant de lui délivrer un passeport. Il se fait même refouler à Orly alors qu’il vient en visite pour Noël. Les policiers acceptent tout juste de transmettre à sa famille qui l’attend les cadeaux qu’il apporte à ses enfants. Il obtient son passeport seulement en 1991 et meurt en 2014. Son épouse portait ses idées. Elles sont maintenant éteintes.

© CAMERPOST par Ousmane Biri

Poster un Commentaire

1 Commentaire sur "Cameroun : Décès de Michelle Durier, la veuve d’Abel Eyinga"

Me notifier des
Trier par:   plus récents | plus anciens | plus de votes
Luya Kouedi

Rip

wpDiscuz