Cameroun – Décès de de Dr Hélène Ngo Nkana : L’incurie des hôpitaux publics de Douala fortement décriée

Une vue de l’hôpital Laquintinie de Douala où Dr Hélène Ngo Nkana a commencé sa carrière il y a 3 ans | DR
Une vue de l’hôpital Laquintinie de Douala où Dr Hélène Ngo Nkana a commencé sa carrière il y a 3 ans | DR

Le décès à l’hôpital général de Douala de Dr Hélène Ngo Nkana, épouse Nlate Mfomo, jeune médecin, dans des circonstances tragiques continue de frayer la chronique. CAMERPOST a donné la parole aux défenseurs de droits humains qui réclament justice.

Samedi le 23 janvier 2016, Dr Hélène Ngo Nkana, épouse Nlate Mfomo a été mise sous terre. Sans aucun doute, la vérité sur les circonstances exactes de sa mort ne sera pas encore officiellement connue. La jeune médecin réputée attentionnée pour les malades indigents de l’hôpital Laquintinie de Douala où elle a commencé sa carrière il y a quelque 3 ans est décédée voilà plusieurs semaines. Des témoignages rapportent qu’elle a été négligée et abandonnée même par ses collègues de la corporation.

 Alex Gustave Azebaze, journaliste d’investigation, spécialiste des droits de l’homme qui a suivi de bout en bout ce décès tragique de Dr Hélène, est tout simplement scandalisé. « Quand négligence, mercantilisme et inhumanisme se rencontrent ! Quel gâchis de rigidités et de faussements anti-déontologiques. Cette jeune dame est morte à cause des facteurs que je viens de citer », dénonce-t-il très indigné. Il laisse entendre que plus de 500 000 Fcfa ont été exigés à la patiente de façon inexpliquée.

Sans quoi, elle ne serait pas traitée. Ayant souffert le martyr, la jeune mariée est morte et comme si cela ne suffisait pas, « tandis que la famille et amis se concertent pour voir où la conduire à la morgue, entre Douala sa résidence professionnelle et Yaoundé où vivent, son mari, ses parents et ses beaux-parents, une facture de soins en Réanimation de quelque 300.000 FCFA leur est remise. Avec comme condition de payer avant de récupérer la dépouille », confie-le concerné à CAMERPOST. C’est la consternation totale. Que ce soit dans les hôpitaux publics ou dans le privé, il est difficile d’espérer un quelconque traitement si le patient n’a pas au préalable déboursé les sous.

Les cas pareils à celui du Dr Hélène sont légions à Douala. Comment ne pas évoquer l’histoire de Francis Hermann Nsom Engamba, un élève ingénieur polytechnicien en 5ème année Génie des télécommunications, mort dans les mêmes conditions que la première. Agressé, il a été conduit dans un hôpital public. Malheureusement, les médecins ont refusé, d’après sa famille de le prendre en charge illico-presto, le temps de trouver un taxi pour le conduire ailleurs, il a rendu l’âme.

 Pour l’heure, l’entourage des victimes et de nombreux défenseurs des droits humains viennent de saisir par correspondance les autorités gouvernementales et le ministre de la Justice afin que : « les personnes jugées coupables de négligence professionnelle, non-assistance à une personne en danger de mort, soient radiées du corps médical en cas de mort d’hommes, elles doivent également être jugées pour Homicide. Justice doit être rendue », a-t-on été informé.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa